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samedi 19 décembre 2020

Sous le signe noir


Poète, romancier et professeur de littérature française à Tokyo, Hisaki Matsuura est aussi critique de cinéma avant de publier un premier recueil de nouvelles en 1996 puis des romans policiers comme "Tomoe", ce roman noir de 2001 dont les éditions Rivages nous proposent aujourd'hui une traduction sous le titre "Le Calligraphe".
Le Calligraphe s’appelle Kôyama. C’est un homme de 70 ans plusieurs fois primé pour son œuvre, "la fusion d'une flambée d'énergie vernaculaire dans l'expérience formelle moderne." 




Hisaki Mutsuura tourne habilement autour de ce flou artistique où le signe dessiné s'anime pour s'affranchir d'un système d'équivalence qui le réduirait à sa fonction d'échange. Mais au moment où l'idéogramme "oiseau" prend son envol, c'est le corps qui s'asservit à l'exigence du signe. Et Otsuki, toxicomane gigolo, va se perdre physiquement dans cette rencontre avec le Calligraphe.

 



Ce dernier lui demande d'achever le film pornographique dans lequel il a mis en scène sa petite fille Tomoé, une adolescente de 17 ans. Hisaki Matsuura s'empare des codes de la violence, du sadomasochisme et de la manipulation, et cherche l'instant de grâce meurtrier pendant lequel le signifiant inoffensif se confond avec la chair blessée. "Tomoé, c'est un caractère d'écriture. Un corps allongé sur le dos, les yeux fermés, qui flotte en l'air, sans défense, une ligne gracieuse tracée à l'horizontale." 

Le roman qui provoque jusqu'au malaise l'incertitude des représentations, exhale aussi quelques fumerolles métaphysiques servies par une écriture affutée. Rendez-vous pris avec le "signe" noir dans les faubourgs d'un songe macabre.

Le Calligraphe – Hisaki Matsuura – Traduit du japonais par Silvain Chupin – Rivages noir – 352 pages – 21,50€ - ***
Lionel Germain



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vendredi 18 décembre 2020

De boue et de crasse


"Il mesurait près de deux mètres, et sa minceur était telle qu'il paraissait décharné. Il ne portait pas de chapeau, et son crâne commençait à se dégarnir. Son costume, taillé dans un tissu de couleur sombre, était vieux, fripé, maculé de traînées de boue. Le personnage avait tout d'une loque, une de ces épaves qui dorment sous un arbre avec un mouchoir sur la figure. Le fait que sa chemise crasseuse fût fermée au col par un nœud papillon de couleur noire était ridicule, mais de ses yeux, profondément enfoncés dans leurs orbites, émanait une force qui aurait réduit au silence les railleurs éventuels."




L'épouvantail – Ronald Hugh Morrieson – Traduction de l'anglais (Nouvelle-Zélande)et postface par Jean-Paul Gratias – Rivages noir – 286 pages – 8,50€ - ***


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jeudi 17 décembre 2020

Science avec conscience




Passionnant contrepoint aux constructions dystopiques déjà anciennes de la SF et aux fantasmes actuels du transhumanisme, ce petit essai très tonique s’interroge sur les relations de l’homme avec son corps, et sur les risques sérieux d’aliénation en germe dans certaines pratiques irréfléchies pour lesquelles on s’emballe aujourd’hui. Venant d’une théoricienne du genre, engagée dans le féminisme, le propos n’est pas anodin.




L’Homme désincarné - Sylviane Agacinski - Tracts/Gallimard - 48 pages – 3,90€ - ****
François Rahier – Sud-Ouest-dimanche – 29 septembre 2019



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mercredi 16 décembre 2020

Fin d'un monde


A lire "Le Voyageur secret", on pourrait penser qu'il ne s'agit que d'une justification quasi posthume du Cirque, cette machine bureaucratique destinée à contrer le Centre Moscou pendant la guerre froide. L'idée géniale de l'auteur consiste à mettre en scène Ned, l'un des principaux protagonistes de "La Maison Russie" aux côtés du légendaire Smiley. Ned est professeur chez les apprentis espions et il invite Smiley à faire une conférence à ses élèves. Le roman est construit autour de cette conférence dont les charnières constituent autant d'épisodes de la carrière de Ned. 



A postériori, le Cirque apparaît moins kafkaïen, comme une entreprise où les hommes, certes faillibles, mais animés d'une foi identique à celle de Silas Sibley chez Littell, ont tenté de déjouer les attaques d'un adversaire qui leur ressemble. Même si à l'inverse de la profession de foi du héros de Robert Littell, la fin ici justifie les moyens, tant qu'un homme comme Smiley est à la barre. Ce n'est pas la machine qui déraille mais les "espions" qui ne sont pas à la hauteur du sacrifice.



Ainsi au fil des souvenirs de Ned, nous découvrons les compagnons de route qui ont flanché un jour ou l'autre par peur, par cupidité ou par négligence. Et c'est bien-sûr une part de sa propre vérité que lui révèle chacun des portraits enfouis dans sa mémoire. Le voyageur secret traverse le temps à la recherche d'une réponse aux questions que suscite Smiley: "Cela a-t-il servi à quelque chose?", "En quoi cela m'a-t-il affecté?", "Qu'allons-nous devenir maintenant?".

Face à ce questionnement, il est un personnage dont l'évocation permet à Ned d'éprouver la douloureuse incertitude de son engagement. A demi hollandais comme le narrateur, Hansen, prêtre défroqué, choisit l'Angleterre et son service de renseignement comme seconde patrie. Envoyé au Cambodge miné par la guérilla des Khmers rouges, il y rencontre une femme qui lui donnera une fille. Hansen n'est pas un traitre. Sa folie est comparable à celle du soldat perdu d'"Apocalypse now". En suivant sa trace, Ned réveille "le rebelle qui sommeillait" en lui, l'homme libre qui a payé le prix fort sans se soucier des compromis.

"Cela a-t-il servi à quelque chose?". Le "communisme" totalitaire s'est effondré de l'intérieur mais que resterait-il du "monde libre" si le Cirque n'avait pas déployé ses vigies? Silas est broyé par la machine folle qui l'emploie et Ned trouve dans le Cirque une forteresse où se protéger de lui-même. A l'heure de la retraite, Ned a fait le deuil de sa jeunesse, du temps où l'idéal l'emportait sur le réel. Le pessimisme absolu de Littell épargne Le Carré au moins dans cette fin de cycle. Et voici le fond de sa pensée: "Le mal ne se trouvait pas dans le système mais dans l'homme."

Le Voyageur secret – John le Carré – Traduit de l'anglais par Isabelle et Mimi Perrin - (1ère édition française chez Robert Laffont – avril 1991) – Réédition Livre de poche en 1993 – 439 pages – 6,10€ - ***
Lionel Germain




mardi 15 décembre 2020

Une morale d'espion


Vue à travers le prisme de Robert Littell, l'architecture des services secrets américains n'a rien à envier à la machine bureaucratique que nous décrit John le Carré. "Un espion d'hier et d'aujourd'hui" met en scène le Trieur, Silas Sibley, chargé pour la CIA de trier les informations fournies par un système d'écoute. C'est un héros paradoxal comme les affectionne le Carré. Vigie du sanctuaire animée par l'idéal patriotique, Silas Sibley n'est qu'un rouage de l'appareil dont il mesure aussi bien le cynisme que la nécessité. Mais un rouage capable de gripper la machine quand elle s'emballe. 



L'intérêt romanesque du paradoxe réside dans cette soumission conditionnelle à l'organisation. Celle-ci perd sa légitimité le jour où elle ne respecte plus le "contrat social" qui la lie à l'espion. Aux quelques psychopathes et paranoïaques qui alimentent la rhétorique du Mal dans les jardins secrets du Royaume, il faut opposer la rigueur de sa foi. Pour Silas Sibley, elle se nourrit de l'exemple de son ancêtre Nathan Hale, héros de la guerre d'Indépendance pendu par les Anglais en 1776. 



"Que nos mœurs nous distinguent de nos ennemis autant que la Cause que nous défendons", précisaient les Instructions pour l'enrôlement des hommes du 20 juin 1775. Tel est le credo de Nathan. Cette histoire de Nathan que Silas réinvente avec sa propre vie est le terreau d'une "entité plus connue sous le nom de nation". Une manière de "souscrire au même contrat social" pour lequel l'espion, figure mythique d'une certaine vision du monde, combat en première ligne. Or la vision du monde de Robert Littell n'est pas celle des maîtres de la Maison Blanche. Si le "Trieur" est un moraliste, Littell est sans illusion sur l'avenir de ce héros dans un système où l'intérêt de l'État se confond avec les enjeux du pouvoir.  

Un espion d'hier et de demain – Robert Littell – Traduit de l'américain par Natalie Zimmermann – (Julliard - mars 1991) – Réédition Points en 2011 – 431 pages – 8€ - ***
Lionel Germain





lundi 14 décembre 2020

Bons baisers de Russie


La Maison Russie est une petite maison du quartier Victoria à Londres. Comme son nom l'indique, les officiers qui y travaillent sont des spécialistes de la défunte URSS. Le narrateur, Horatio Benedict de Palfrey, est le conseiller juridique du Service. Le Carré s'amuse à démontrer que l'univers n'est qu'un réseau de signes. En ancien français, un palefrei est une monture destinée aux dames et c'est pour échapper à une dame que "ce vieux Palfrey" s'est réfugié à l'intérieur de cette "citadelle secrète" qu'est la Maison Russie. Pour couronner le tout, Palfrey se cache derrière le pseudonyme de Harry. Il y a donc loin des apparences à la réalité. Sa fonction consiste à fabriquer des mensonges suffisamment crédibles pour convaincre les éventuels associés du Service que ce qu'on exige d'eux n'est pas contraire à la légalité.



Au cours de la première "foire audio" et en pleine perestroïka, Katia, une Russe qui travaille dans l'édition, fait passer des documents à l'Ouest. Le destinataire est Barley Scott Blair, éditeur marginal, dilettante, musicien et amateur de whisky (Barley, c'est l'orge). Les documents révèlent certains secrets militaires destinés à rendre irréversible l'ouverture entre savants des deux blocs. Qui en est l'auteur? S'agit-il d'une manipulation? C'est ce que devra découvrir Barley Scott Blair, recruté malgré lui par les services secrets britanniques.



Si le monde du "secret" manipule les codes, John Le Carré utilise ses perversions, ses fantasmes et ses simulacres pour mettre à nu les contradictions les plus intimes de chacun de nous. "Espionner, c'est écouter, espionner, c'est attendre", dit-il. On songe à la "patience" de l'analyste et à l'analysé qui ruse avec lui-même.

La Maison Russie, c'est le double récit d'un monde qui abandonne ses masques, non sans résistance, et d'un homme, Barley, qui va sacrifier ses "couvertures" pour accéder, non sans mal également, à la liberté.

La Maison Russie – John LeCarré – Traduit de l'anglais par Isabelle et Mimi Perrin - (1ère édition française chez Robert Laffont - novembre 1989) – Réédition Folio en 1991 et Points en 2003 – environ 500 pages - ***
Lionel Germain



John Le Carré est mort le 12 décembre 2020.





samedi 12 décembre 2020

Jus de Grenade


Ça n'a sans doute rien à voir avec Chester Himes mais "Digger", le héros de Jacob Ross, est dépositaire d'une rage froide qui n'est pas sans rappeler celle du "Fossoyeur" de Harlem. Michael Digson, alias Digger, ne hante pas les rues de la "Grosse Pomme". Il est l'un de ces jeunes qui désespèrent d'accéder un jour à l'emploi en traînant dans les faubourgs des Caraïbes sur l'île de Camaho. C'est sa bonne lecture des scènes de crime qui le rend précieux aux yeux d'un flic, et lui permet d'intégrer la brigade criminelle. Jacob Ross, poète reconnu à Grenade, déborde largement du cadre pour nous raconter les fausses promesses d'un paradis miné par la violence.


Lire les morts – Jacob Ross – Traduit de l'anglais  (Grenade - Caraïbes) par Fabrice Pointeau – Sonatine – 368 pages – 21€ - *** 
Lionel Germain




vendredi 11 décembre 2020

A la douzaine


Ce sont des mômes, ils sont douze, mais ils ressemblent davantage aux créatures de Jérôme Bosch qu'à des images d'Épinal. Ils survivent comme une meute de chiens errants entre le terrain vague et la Zup. Ils ont des noms qui évoquent tous les ports de la Méditerranée. Dans leurs yeux ne brillent plus pourtant que les soleils factices arrachés aux vapeurs de trichlo. Et puis une fille débarque, venant troubler leurs petites rapines sans gloire, parce que celui qu'elle aime est en prison et qu'elle a décidé de l'en faire sortir. Lui, c'est Adrian. Le treizième môme.


 
La taule et ses matons vicelards, le commissariat et ses flics ripoux, la Zup et ses épaves, c'est le décor du quatrième roman de Philippe Conil. Seule l'étrange obsession de la fille adoucit la violence mécanique et glacée des autres. Avec des personnages dont le meilleur d'entre eux n'hésiterait pas à tirer sur une ambulance, l'auteur offre du noir en rafale. Et treize à la douzaine. 





Le treizième môme – Philippe Conil – Série noire Gallimard – *** - (1985) 
Lionel Germain




jeudi 10 décembre 2020

La mémoire invertie


Journaliste scientifique, Ben Matson a perdu sa compagne lors du crash du vol AL 77 sur le Pentagone, le 11 septembre 2001. Son corps n’a jamais été retrouvé. Ce roman est d’abord l’histoire d’un long travail de deuil. La découverte des restes d’un avion de ligne au large des côtes américaines, des années après, découverte vite camouflée par les autorités, rouvre la blessure: le narrateur reprend sa quête, tentant de démêler le faux du vrai dans les thèses officielles sans jamais tomber dans les délires complotistes.
 



L’auteur non plus, qui s’en explique avec clarté dans sa postface. Située dans un futur proche, l’histoire se termine en 2024 avec l’élection du 47e président des États-Unis. Le monde a changé, l’Écosse où vit le personnage principal, est devenue indépendante. La croissance exponentielle des réseaux sociaux, a modifié notre rapport au réel, au passé, et la vérité devient dangereusement alternative. 





Né en 1943, au Royaume-Uni, auteur du classique "Monde inverti", et, avec Christopher Nolan du film "Le Prestige", Priest était un des plus grands auteurs de SF d’aujourd’hui. Comme chez Dick, la fiction chez lui, s’attache à mettre en évidence les failles de notre perception. Une œuvre exigeante, parfois déroutante, un formidable décodeur en tout cas des angoisses ou des fantasmes de notre époque troublée.

Conséquences d’une disparition - Christopher Priest - Traduit de l’anglais par Jacques Collin - Lunes d’encre/Denoël - 335 pages – 21,50€ - *****
François Rahier – Sud-Ouest-dimanche – 30 septembre 2018



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mercredi 9 décembre 2020

L'effet Morgane



Stan et Angelo ont commis une erreur lors d'un braquage de banque. Ils ont descendu un troisième complice, Rachid, et le frère de celui-ci, considéré comme un "monsieur" du côté de Pigalle, a juré d'avoir leur peau. Il ne leur reste plus qu'à se planquer dans le désert quelque part au sud de la Loire. Tout irait bien malgré l'ennui qui ronge les deux braqueurs si Morgane, la bien nommée, pourchassée par des truands aussi noirs que féroces, ne venait piétiner leurs plates-bandes. Ça va rapidement devenir dangereux pour les pauvres moutons du Larzac et l'auteur d'un "Été glacé" n'hésite pas ici à faire chauffer les calibres.


La queue du lézard – Philippe Conil – Série noire Gallimard (octobre 1984) – 192 pages – 4€ sur les sites de vente en ligne - ***
Lionel Germain




mardi 8 décembre 2020

Malfaiteurs sans frontière



Quand des voitures brûlent à Roissy, on pourrait s'attendre à voir les silhouettes encapuchonnées s'agiter autour des braises, mais pour Lola Rivière et Zoé Dechaume, les deux enquêtrices du "36" délocalisé, c'est le début d'une affaire aux prolongements politico-mafieux. Comme il a été lui-même flic de terrain à la brigade criminelle, Hervé Jourdain est un écrivain "hyperréaliste", un peu sec parfois dans le maniement de son présent de l'indicatif. VTC clandestins, trafiquants sans frontière et parfum de kérosène sont au générique d'un polar qui vaut son pesant de CO2.



Terminal 4 – Hervé Jourdain – Fleuve noir – 320 pages – 19,90€ - ***
Lionel Germain




lundi 7 décembre 2020

Ne pas courir




Max Annas avait séduit avec "Enfer blanc", un roman africain dont on retrouve les accents dans cette intrigue berlinoise. On vante souvent la générosité allemande qui a su accueillir des centaines de milliers de réfugiés, et Berlin reste une capitale admirable. Mais les problèmes sont nombreux et c’est le rôle du roman noir de les pointer. Kodjo, historien au Ghana, n’est plus qu’une cible en mouvement après le meurtre d’une prostituée dont il ferait le coupable idéal. Racisme, traque des sans-papiers, courir la nuit dans les rues berlinoises est un sport à hauts risques.



Kodjo – Max Annas – Traduit de l'allemand par Mathilde Sobottke – Belfond – 224 pages – 19€ - ***
Lionel Germain





samedi 5 décembre 2020

La vie 3.0


Impossible de dresser la liste de toutes les malédictions qui assombrissent l'avenir de nos enfants, et "le roman n'est pas une prophétie, c'est un avertissement", nous dit Dos Santos. 




Avec son personnage de cryptologue, Tomàs Noronha, qui sert depuis de nombreux romans à éclaircir les mystères de la création, voire à déchiffrer les messages codés abandonnés par Dieu dans les caves du Vatican, Dos Santos anticipe ici l'ultime mutation de l'espèce humaine. Mutation numérique déjà largement engagée dans le développement de l'Intelligence artificielle. Toutes nos angoisses condensées sur plus de 500 pages avec une précision diabolique.




Immortel – J.R. Dos Santos – Traduit du portugais par Adelino Pereira – Hervé Chopin – 560 pages – 22€ - **
Lionel Germain




vendredi 4 décembre 2020

Des coups à prendre


Daniel Pennac a commencé à écrire un essai dans les années 70, puis des livres pour enfants avant d'aborder le polar en 1985 avec "Au bonheur des ogres" publié par la Série noire. C'est dans ce roman qu'apparaît Benjamin Malaussène, le personnage de bouc-émissaire professionnel. On le retrouve dans une tétralogie avec "La Fée Carabine" puis "La petite marchande de prose" et "Monsieur Malaussène" complété par "Aux fruits de la passion". Mais c'est avec "La petite marchande de prose" qu'il change d'étage chez Gallimard, passant de la cave au balcon prestigieux de la collection "blanche".


 

Dans ce troisième titre, Benjamin Malaussène travaille pour la reine Zabo, une éditrice qui le charge d'endosser toutes les colères des écrivains "refusés". Jusqu'au jour où elle lui demandera même d'emprunter la personnalité d'un fabricant de bestsellers. L'auteur véritable n'étant pas celui que l'on croyait, Benjamin est réduit à l'état de légume sur un lit d'hôpital. 





L'occasion pour Pennac d'écrire une des plus belles pages du roman. "Un corps tout entier se vide en clameurs et ceux qui sont au pied du lit ne perçoivent rien". "Johnny got his gun" revu par les frères Marx.
 
Comme dans les deux précédentes aventures, la tribu Malaussène a un rôle de première grandeur. Clara, la sœur photographe qui veut épouser un directeur de prison modèle, le petite frère, Julius, le chien épileptique, mais aussi Louisa de Casamance, Amar le restaurateur, Mo le Mossi et Simon le Kabyle, "les roitelets du bonneteau de Belleville à la Goutte d'Or". Tout ce petit monde évolue dans un climat de merveilleux loufoque qui ne caractérise pas particulièrement le roman noir. 

Après avoir éprouvé les contraintes du polar, le vrai danger du changement de collection pointe son nez: celui de céder au "subjectivisme nombrilaire de notre littérature hexagonale." Pennac s'en sort assez bien jusqu'à cette "Petite marchande de prose" mais dès les prolongations avec "Aux fruits de la passion" et plus récemment en 2017 avec "Le cas Malaussène", l'exercice de style manque de cette nécessité qui s'impose sur les rayons de la "noire". 



Au Bonheur des ogres – Daniel Pennac – Série noire – avril 1985
La petite marchande de prose – Daniel Pennac – Gallimard – (1990 et 1997)
 
Lionel Germain




jeudi 3 décembre 2020

Mystère de l'univers




Phénomène des lettres chinoises, adoubé par Obama de passage à Pékin, Liu Cixin continue à écrire de l’anticipation bien qu’il soit persuadé que le thème est sur le déclin car la technologie perd son mystère. Raison pour laquelle sans doute il s’attaque dans ce passionnant roman à un phénomène météorologique rare, présent souvent dans la culture populaire de Jules Verne à Hergé, mais qui laisse encore perplexes les savants.





Boule de foudre - Liu Cixin - Traduit du chinois par Nicolas Giovanetti - Actes sud - 439 pages - 23€ - ****
François Rahier – Sud-Ouest-dimanche – 6 octobre 2019



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mercredi 2 décembre 2020

L'autre bout du fil


Une bombe placée dans la sacoche d'un passager provoque l'explosion en vol d'un avion. Deux femmes et une jeune fille sont bientôt harcelées au téléphone par une voix mystérieuse qui laisse penser qu'elles ont une responsabilité dans le drame.



"Temps mort" de Harlan Coben, "La vengeance aux yeux noirs" de Lisa Gardner, ou encore "Radio-Panique" de Stuart Kaminski font partie de cette série de polars basés sur le surgissement d'une voix au téléphone, inconnue, inamicale, menaçante. La condition idéale pour entretenir le frisson, comme a su si bien le faire Mildred Davis. Claude Mesplède la classe parmi les meilleures autrices américaines de suspense. On peut le vérifier avec ce roman de 1964 publié une première fois en France en 1966 dans la Série noire. 



La voix au téléphone – Mildred Davis – Série noire (1966) - Clancier-Guénaud, 1986 - Presses Pocket, 1993 - *** 
Lionel Germain - 





mardi 1 décembre 2020

L'origine du monde


L'obésité, sans doute l'un des maux du siècle en occident, n'a pas épargné l'héroïne du roman de Nicolas Beuglet. Grace Campbell est écossaise et inspectrice. La douceur de son nom rime avec les rondeurs qu'elle a conservées après son régime. 




Sur l'île d'Iona, battue par les vents, au bout du "Chemin des morts", on l'attend au Monastère où git le cadavre d'un homme sauvagement mutilé. L'excérébration qui consiste à enlever le cerveau a été pratiquée sur ce pensionnaire accueilli par les cinq moines. C'est le début d'un thriller dont les enjeux scientifiques et philosophiques nous amènent à reconsidérer l'origine du monde, pas le tableau de Courbet mais le Big-bang et sa poussière d'étoiles. 



Le dernier message – Nicolas Beuglet – XO – 400 pages – 19,90€ - **
Lionel Germain





lundi 30 novembre 2020

Bijoux de famille




Un couple de flics, Virginie Sevran et Pierre Biolet, enquêteurs à la DRPJ de Versailles, se retrouvent autour du cadavre d'un bijoutier dont la femme a également disparu. Cécile Cabanac s'attarde juste assez sur son personnage de femme flic en immersion dans un quartier où les différences de classe sont visibles à l'œil nu. On dit que les diamants sont éternels mais ceux qui s'en approchent ont parfois une espérance de vie médiocre. Polar peinard.




Requiem pour un diamant – Cécile Cabanac – Fleuve noir – 458 pages – 19,90€ - **
Lionel Germain




samedi 28 novembre 2020

Bleue de toi


Quand on dit que le voyage est plus important que la destination, ce n'est pas qu'une brève de comptoir. La métaphore amoureuse est la meilleure illustration de l'adage si joliment effilé par le dernier roman de Nadine Monfils.
 



Elle nous avait séduits avec "Le rêve d'un fou" sur les traces du Facteur Cheval. La voilà qui met en scène l'escapade d'une vieille dame à la recherche du grand amour de sa vie. "Bleue de toi", comme disent les Belges. Accompagnée de Frank, un chauffeur de taxi débordant de tendresse, elle nous administre la preuve que les bons sentiments peuvent aussi nous offrir une jolie parenthèse dans la mélancolie contemporaine.





Le Souffleur de nuages – Nadine Monfils – Fleuve éditions – 180 pages – 15,90€ - ***     
Lionel Germain


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vendredi 27 novembre 2020

Femmes à abattre


"Les femmes sont généralement tuées à la main, ou avec quelque ustensile ménager qui pèsera lourd sur leur crâne, parfois elles sont poignardées avec un couteau de cuisine. Elles sont tuées sans trop de cérémonial, elles sont tuées sans trop de manières, elles sont tuées par la seule volonté de leur bourreau, elles sont tuées modestement pourrait-on dire. Elles sont tuées par des coups portés dans le secret des alcôves familiales. Et il faut souvent plusieurs années pour que des violences conjugales finissent en bain de sang. Il faut des habitudes qui s'enveniment et des ressentiments qui s'exacerbent… et parfois, il suffit d'une simple soirée alcoolisée et l'alcool sera accusé du crime."




Les Militantes – Claire Raphaël – Rouergue noir – 224 pages – 18€ - *** 



Lire aussi sur le site de l'éditeur.




jeudi 26 novembre 2020

Pays perdu

 



Salué par Graham Greene dès 1946, mort il y a un peu plus de 50 ans, Peake fut ignoré en France de son vivant. Un château démesuré, labyrinthique, des personnages excentriques et grotesques, une intrigue à la Dickens. Et surtout un pays où l’on n’arrive jamais dans lequel André Dhôtel qui aida à la découverte de ce monument de l’imaginaire chez nous en 1974 se reconnut bien évidemment.





Le cycle de Gormenghast - Mervyn Peake - Avant propos de Michael Moorcock, Préface et bibliographie de Jacques Baudou – Omnibus - 1184 pages – 31,50€ - ****
François Rahier – Sud-Ouest-dimanche – 13 mai 2018



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mercredi 25 novembre 2020

Mauvais karma


Le tueur ici n'est pas l'archétype du sniper qui vous démonte un gun en 15 secondes sans ôter ses Ray-ban. C'est encore un roman sur la pathologie du loser à la française en vogue dans le polar des années 80, en l'occurrence un comptable, vieux, chauve, petit, laid et atteint d'une maladie de peau. Il déteste d'ailleurs les hommes jeunes, virils, grands et beaux. Sans doute une raison pour supprimer les "tombeurs de ces dames". 




Accomplissant sa tâche avec un zèle particulier, il accumule les souvenirs de ses crimes comme on remplit un album de photos. Quand il prend ses vacances dans un coin tranquille à la campagne, il promet de ne plus tuer personne. Seulement, voilà, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Beaucoup moins drôle que le Keller de Lawrence Block mais Christian Oster n'avait pas l'intention de nous faire rire avec ce personnage au mauvais karma.




La pause du tueur – Christian Oster – Engrenage n°97 Fleuve noir (1984) - **
Lionel Germain





mardi 24 novembre 2020

Marché noir




Shelby Foote est mort en 2005 et ce sont les éditions Denoël en 1981 qui ont d'abord publié ce "September, September" vibrant d'un sud à la Faulkner. Spécialiste de la guerre de Sécession, Shelby Foote choisit une date clé pour situer son intrigue, celle de ce mois de septembre 1957 où le gouverneur de l'Arkansas s'oppose à la Constitution en interdisant l'entrée au collège de Little Rock à neuf étudiants noirs. Quand de surcroit, trois bras cassés blancs enlèvent un jeune garçon noir pour une rançon, l'Amérique se révèle telle qu'en elle-même.



September September – Shelby Foote – Traduit de l'américain par Jane Fillion, traduction révisée par Marie-Caroline Aubert – Gallimard La Noire – 432 pages – 21€  - ***
Lionel Germain





lundi 23 novembre 2020

Vacances pénitentiaires

 


Pour le sixième épisode de ses aventures, Helen Grace fait très fort. L'inspectrice de Southampton est derrière les barreaux dans une prison où cohabite une collection de criminelles qu'elle a contribué à faire condamner. M.J.Arlidge s'amuse beaucoup à nous faire peur avec son héroïne dont tout le monde souhaite la mort. En attendant que sa collègue prouve son innocence à l'extérieur, Helen ne trouve rien de mieux à faire que d'enquêter sur une série de meurtres à l'intérieur de la prison. On ne se refait pas.



À cache-cache – M.J. Arlidge – Traduit de l'anglais par Séverine Quelet – Les Escales – 320 pages – 21,90€ - **
Lionel Germain




samedi 21 novembre 2020

Le roi des privés d'Espagne


Comme souvent dans le polar, la victime n'était pas un ange mais un entrepreneur tellement corrompu que la moitié de l'Espagne, cette moitié qui tient les cordons de la bourse, lui avait versé son obole. Un flic honnête (ça existe aussi dans le polar) privatise donc la procédure pour ne pas insulter l'avenir, et la confie à Txema Arregui, le privé le plus déjanté de la péninsule ibérique.




Après "Je reste roi d'Espagne", Carlos Salem remet en selle ce détective emprunté à la "mythologie du roman et du film noirs" mais qui n'a de cesse de la faire mentir. Quand Sherlock Holmes avait un faible pour la solution prohibée à 7% de cocaïne, Txema Arregui dope ses petites cellules grises dans la fréquentation des sex-shops. Les femmes fatales ne sont ni blondes ni rousses, elles ont les cheveux verts. Dalia Aguilar, cheveu vert et manteau rouge, cliente entre deux portes, le charge de retrouver son chat Patty. 



Tout Carlos Salem se niche dans l'humour tendre de ces errances déductives, des personnages frôlés dans le flou sépia d'un vieux film sans qu'on ne soit jamais saisi par le ridicule. Et bien-sûr, en guest-star, associé improbable du détective, Johnny Bourbon, roi émérite avide d'échapper au décor guindé du Palais de la Zarzuela, à sa mauvaise conscience de chasseur de fauves et à l'ennui d'une retraite forcée.

Méfions-nous des femmes aux cheveux verts, des "Dahlia rouges" qui ont perdu leur chat, mais admirons ce duo fantasque, le Roi d'Espagne et Txema Arregui, cherchant à redonner du sens au combat aussi absurde qu'éternel que se livrent le "bien" et le "mal". "Tous les Juifs ne sont pas des banquiers, pas plus que tous les musulmans ne sont des terroristes ni tous les Gitans des dealers."

Et si Carlos Salem pense encore que le coupable ce n'est pas le majordome mais le "système", le lecteur lui s'en moque un peu. Ce qu'il veut, c'est prolonger le plus longtemps possible cette virée insolente avec le Roi des privés et son pote le "dur-à-cuire".
  
La dernière affaire de Johnny Bourbon – Carlos Salem – Traduit de l'espagnol par Judith Vernant – Actes Sud actes noirs – 224 pages – 21€ - ****
Lionel Germain



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vendredi 20 novembre 2020

Mise en bière




Intrigue inspirée d'un fait divers qui a ému une petite ville bavaroise plus habituée à pratiquer la mise en bière au comptoir qu'au moyen violent d'une mise à mort. En 1922, l'assassinat de deux femmes, mère et fille, aboutit à l'arrestation d'un jeune homme qui fréquentait l'une des victimes. Délinquant aspiré dans le sillage d'un psychopathe jusqu'à l'acte criminel ultime, c'est un portrait tout en nuances que brosse Andrea Maria Schenkel.





Tromperie – Andrea Maria Schenkel – Traduit de l'allemand par Stéphanie Lux – Actes Sud – 224 pages – 21,80€  - **
Lionel Germain




jeudi 19 novembre 2020

Underground vs monde réel




On connaît l’ancrage des comic strips dans la culture dominante, genre Flash Gordon. Mais les super-héros moins convenables des fascicules populaires émargeaient plutôt à gauche, corrigeant Hitler dès les années 30 ou promouvant l’émancipation de la femme. On les retrouve ensuite aux côtés des noirs américains, ou carrément LGBTQ. Détail amusant: le livre donne aussi les clés du "hoodie", le sweat à capuche devenu référent mondial des ados.




Super-héros, une histoire politique - William Blanc – Libertalia - 357 pages - 17€ - ****
François Rahier – Sud-Ouest-dimanche – 13 octobre 2019




mercredi 18 novembre 2020

Boucles d'or




Thriller qui allie le sens du merveilleux à la détermination d'un adolescent échappé d'un roman de Dickens, "Arrêt d'urgence" présente trois enfants abandonnés par leur mère au bord de l'autoroute pour cause de panne. C'est bien-sûr la montée de l'angoisse quand celle-ci ne réapparaît plus. L'aîné devenu chef de famille se transforme alors en "Boucles d'or" pour subvenir aux besoins de sa petite fratrie. Quant à l'enquête sur cette mystérieuse disparition, elle permet de découvrir un savoureux couple de flics.



Arrêt d'urgence – Belinda Bauer – Traduit de l'anglais par Christine Rimoldy – Belfond noir – 400 pages – 20,90€ - ***
Lionel Germain




mardi 17 novembre 2020

Gémir n'est pas de mise



Elles sont cinq jeunes femmes invitées par les éditions Servane Astine à participer à l'atelier d'écriture dirigé par Pierre Yves François. L'une d'elle, commandante de police, a même eu l'autorisation d'amener son mari gendarme. Michel Bussi ne parodie pas Agatha Christie, il invente sa mécanique policière dans le décor de rêve des Marquises. Chaque mort dans ce huis-clos ensoleillé est un chapitre du roman à énigmes que tentent de déchiffrer l'adolescente, fille de l'une des disparues, et Yann, le gendarme. Un agréable divertissement rythmé par les accords de Brel.




Au soleil redouté – Michel Bussi – Presses de la Cité – 430 pages – 21,90€  – *** 
Lionel Germain





lundi 16 novembre 2020

Classico




Variation chandlérienne sur les standards du roman noir: flic poivrot, âme blessée, ville pourrie et nuit désespérante. Il ne reste plus à l'alto magique de Charlie Parker que de donner le tempo. Dans cette ville de Naples à l'atmosphère aussi apaisée que l'arrière-salle d'un speakeasy, quelques mesures de blues suffiront à l'inspecteur Denis Carbone pour chercher à comprendre le destin des putains moldaves. Classique comme le Palazzo Capone de la via Santa Brigida.




Fragile est la nuit – Angelo Petrella – Traduit de l'italien par Nathalie Bauer – Éditions Philippe Rey – 176 pages – 19€ - ***
Lionel Germain




samedi 14 novembre 2020

Chasses gardées

Quand Patrick Cargnelutti nous assigne au commentaire du réel, le romanesque se saisit heureusement de ses personnages. Et des plus vicieux d'abord, comme ce Cyrille Varennes, ancien des forces spéciales calibré pour les coups fourrés en Afrique. 



Son surnom, c'est la "hyène" et son terrain de chasse la région des Grands Lacs. C'est lui le héros négatif auquel nous renvoie Céline cité en exergue: "le goût profond de l'homme, c'est la mise à mort douloureuse, c'est la vivisection sous ses yeux, voilà ce qu'il veut voir." Et voilà derrière les masques ce qui permet au réel de ressurgir: le pillage de la forêt, la prédation des multinationales, le malheur planifié des populations. Le roman noir du monde. 




Succession – Patrick Cargnelutti – Piranha – 368 pages – 20,90€ - ***
Lionel Germain



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vendredi 13 novembre 2020

Mourir d'aimer




L'assassinat d'une jeune fille, ancienne mini miss, provoque l'arrestation d'un coupable idéal. La demi-sœur de la victime mène l'enquête et révèle les zones d'ombre de leurs histoires respectives. La question semble incongrue mais une femme peut-elle tomber amoureuse d'un prédateur en déniant à quiconque l'idée d'une manipulation? C'est ce point de vue qu'essaie d'analyser Amy K. Green dans un premier roman très efficace.





Reine de beauté – Amy K. Green – Traduit de l'américain par Sarah Tardy – Belfond noir – 416 pages – 19,90€ - ***
Lionel Germain




jeudi 12 novembre 2020

Mémoire de l'âge d'or




Romans, nouvelles, scénarios de BD, pendant 50 ans il a œuvré pour le genre, aux côtés de son épouse Leigh Brackett – qui travailla elle-même sur "Star Wars". Des origines à nos jours le space opera lui doit beaucoup, les super héros des comics également. Un passionnant dossier, sous la houlette de deux bordelais, Francis Valéry et Laurent Queyssi, une utile piqûre de rappel pour ceux qui ignorent encore que la SF a une histoire.




Edmond Hamilton: le roi des étoiles - revue Bifrost n° 90 - Éditions du Bélial’ - 190 pages - 11€ - ***
François Rahier – Sud-Ouest-dimanche – 6 mai 2018





Auteurs

Abbott Jeff Abbott Megan Abeille Jacques Abel Barbara Abraham Daniel Abtey Benoît Adàm Anne Adam Olivier Adamson Gil Aden Thomas ADG Adler-Olsen Jussi Agacinski Sylviane Agualusa José Eduardo Aguinaldo Silva Aichner Bernhard Ajvaz Michal Akhtar Ayad Akkouche Mouloud Alaux Jean-Pierre Alauzet Philippe Alden Rebecka Aldiss Brian Alexandre Laurent Alger Cristina Allyn Doug Alsterdal Tove Amand Patrick Ambrose David Amila Jean Amoz Claude Anderson James Anderson Kevin J. Anderson Poul Andrevon Jean-Pierre Andriat Frank Anger Kenneth Angevin David Ani Friedrich Annas Max Antoine Amélie Appers Alexandra Arbol Victor del Argemi Raùl Arion George Aristégui Marie-Claude Arlidge M.J. Arnaud G.J. Arnott Jake Arnould Jacques Arriaga Guillermo Arthur G.D. Asimov Isaac Aspe Pieter Astier Ingrid Atkins Ace Attia Maurice Aubarbier Jean-Luc Aubenque Alexis Aubert Brigitte Audic Morgan Audru Guillaume Augusto Edyr Aurousseau Nan Autet Katerina Authier Christian Axat Federico Ayerdhal Ayres Jedidiah Aziza Claude Bablon Jacques Bailey Anna Bakkeid Heine Bal Olivier Ball Toby Balland Philippe Banks Iain M. Banks Russell Bannalec Jean-Luc Bannel Cédric Banville John Baoshu Barbato Paola Barbet Pierre Barclay Linwood Barde-Cabuçon Olivier Barjavel Barker Clive Baronian Jean-Baptiste Barr Nevada Barrière Michèle Barski Odile Bartelt Franz Bartoll Jean-Claude Barton Fiona Bassoff Jon Bathelot Lilian Baudin Cécile Baudou Jacques Bauer Belinda Bauwen Patrick Baxter Stephen Bayer William Beams Clare Beaulieu Bradley P. Bec Raoul Behm Marc Beinhart Larry Bell David Bell Sarah Bellagamba Ugo Benamran Bruce Benedetti Caroline de Bénita Paul Benotman Abdel Hafed Benson Stéphanie Bérato Paul Berg Alex Bergal Gilles Bergeron Patrick Bergler Igor Berney Lou Berry Flynn Berry Steve Beuglet Nicolas Beukes Lauren Beutin Philippe Beverly Bill Beydoun Zaki Bialot Joseph Bilal Parker Bill Frank Bindner Christian Birkefeld Richard Bizien Jean-Luc Bjork Samuel Black Benjamin Blackwood Algernon Blake James Carlos Blanc William Blanchard Christian Blanche Francis Blau Sarah Blish James Bloch Robert Block Lawrence Bofane In Koli Jean Bohler Sébastien Boireau Jacques Boissel Xavier Bonini Carlo Bonnot Xavier-Marie Boone Ezekiel Bordage Pierre Bordy Sarah Bosch Xavier Bosco Jacques-Olivier Bossi Luc Bouchard Nicolas Bouchery Sébastien Bouhier Odile Boujut Michel Boulay Bill Boulle Pierre Bouman Tom Bouquin Jérémy Bourcy Thierry Bourrel Anne Bouysse Franck Box C.J. Boyle William Brackett Leigh Bradbury Jamey Bradbury Ray Braithwaite Oyinkan Brasseur Pierre Brémeault Lucie Bridenne Jean-Jacques Bronnec Thomas Brookmyre Chris Brooks-Dalton Lily Brown Eric Brown Fredric Brown Larry Browne S.G. Bruen Ken Bruet-Ferreol Jean-Denis Brun Thierry Brunet Marion Brussolo Serge Bryndza Robert Buchanan Greg Buchholz Simone Buisson Jean-Christophe Bulteau Gwenaël Burke Alafair Burke James Lee Burke Shannon Burnet Graeme Macrae Burns Amy Jo Bussi Michel Cabanac Cécile Cacciatore Giacomo Cahné Charlotte Caldwell Erskine Caldwell Ian Calestrémé Natacha Calligaro Maxime Calvo David Calvo Stuart Camaille Serge Camilleri Andrea Campagne Jean-Pierre Campbell Bonnie Jo Campbell John W. Camut Jérôme Canal Richard Candlish Louise Canfin Pascal Canigüz Alper Cantaloube Thomas Capron Marie Carayol Cécile Carayon Christian Card Orson Scott Cardère Éric Carey M.R. Cargnelutti Patrick Carlier Christophe Carlotto Massimo Carlsson Christoffer Carré Fabrice Carrisi Donato Carsac Francis Casey Jane Cash Wiley Caspary Vera Castanet Pierre Albert Castells Raymond Castro Joy Catani Vittorio Cavanaugh Tony Cayre Hannelore Cazaubon Bernard Celestin Ray Cerutti Fabien Chabon Michael Chainas Antoine Chakkouche Soufiane Chalumeau Laurent Chamanadjian Guillaume Chamoiseau Patrick Chandler H.S. Chandler Raymond Charine Marlène Charyn Jérôme Chattam Maxime Chaumard Isabelle Chaumeil Jean-Paul Chefdeville Chelebourg Christian Chérel Guillaume Cherrière Éric Cherruau Pierre Chesterton G.K. Chevron Michel Chiang Ted Chirovici E.O. Chmielarz Wojciech Chneiweiss Arnaud Chomarat Luc Christie Agatha Christin Pierre Christopher John Civico Alexandre Cixin Liu Claret Alain Clark Marcia Clark Mary Higgins Claude Hervé Clavel Fabien Clerima Steven Cleveland Karen Cloche Émeric Coatmeur Jean-François Coben Harlan Cocco Giovanni Coffre Christophe Cohen Sandrine Cohen-Scali Sarah Cole Martina Coleman Reed Farrel Colin-Olivier Philippe Colize Paul Collectif Collette Sandrine Collins Michael Commère Hervé Compère Daniel Conan Doyle Arthur Conil Philippe Connelly Michael Connolly J.J. Connolly John Conrad Patrick Contrucci Jean Cook Diane Cook Robin Cook Thomas H. Coppers Toni Coquil Yvon Corey James S. A. Cornec Léon Corrêa Alvim Correnti Dario Corry Jane Corwin Miles Cosnay Marie Costantini Chris Costantini Roberto Couao-Zotti Florent Couderc Frédéric Coulon David Courban Alexandre Courbou Michèle Courtois Grégoire Cowper Richard Crabb Ned Crais Robert Crews Harry Crichton Michael Crifo Thierry Crombie Deborah Crouzet Vincent Crumley James Cummins Jeanine Curval Philippe D.J. Duclock d'Aillon Jean D'Ovidio Pierre Dac Pierre Daeninckx Didier Daisne John Damasio Alain Danquigny Danü Dard Frédéric Darlton Clark Darnaudet Boris Darnaudet François Daviau Mo Davidsen Leif Davies Deborah Kay Davis Mildred Dawson Delilah S. Day Barry Day Elizabeth Day Thomas Dayau Dominique Dazieri Sandrone De Cataldo Giancarlo De la Pava Sergio de Palma Brian Dean Will Decca Hervé Decoin Henri Dee Jonathan Defendi David Degli Antoni Piero Deighton Len Delafosse Jérôme Delalande Arnaud Delany Samuel R. Delperdange Patrick Delteil Gérard Delwart Charly Delzongle Sonja Demaris Ovid Demeillers Timothée Demouzon Alain Demure Jean-Paul Deniger Alex Denjean Céline Depp Daniel Derey Jean-Claude Dermèze Yves Deschodt Pierre Descott Régis Desjours Ingrid Desmurger Christophe Desombre Daria Dessaint Pascal Destombes Sandrine Destremau Lionel Develde Arnaud Dhoquois Anne Di Rollo Thierry Dick Kay Dick Philip K. Dicker Joël Dierstein Benjamin Dietrich Pascale Dieudonné Adeline Dillard François-Xavier Dimberg Kelsey Rae Disch Thomas DOA Dolan Eva Donoso José Doolittle Sean Dordor Charlotte Doronine Andreï Dos Santos J.R. Dounovetz Serguei Downey Timothy Dozois Gardner Drews Christine Druillet Philippe Dubois Jean-Paul Dubrieu Alain Duchon-Doris Jean-Christophe Dufour Catherine Dugoni Robert Dumas Alexandre Dumeste Bertrand Dupaquier François Duplessier Nicolas Duret Alain Duvivier Claire Eastland Sam Ebersohn Wessel Echenoz Jean Edugyan Esi Edvardsson M.T. Edwardson Ake Effenhauser Ulrich Efstathiadis Minos Egan Greg Ekberg Anna El Makki Laura Elgar Emily Elias Ricardo Elizarov Mikhaïl Ellis David Ellory R.J. Ellroy James Elo Elisabeth Elsberg Marc Embareck Michel Engberg Katrine Engel Amy Engh M.J. Ericsdotter Asa Eriksson Kjell Eschbach Andreas Estleman Loren D. Evangelisti Valerio Ewa Julie Ewers Hanns Heinz Expert Jacques Fabre Cédric Fager Anders Faget Dominique Faivre-d'Arcier Jeanne Fajardie Frédéric Falk Rita Fallaras Cristina Farmer Philip José Farrell Henry Farris Peter Fast Howard Faust Christa Fava Claudio Favan Claire Faye Estelle Faye Lindsay Fecchio Thomas Feinmann José Pablo Feito Virginia Fel Jérémy Férey Caryl Férey Emma Fernandez Marc Ferris Gordon Fesperman Dan Féval Paul Fields Helen Filoche Gérard Finn A.J. Finn Patrick Michael Finney Jack Fintoni Lionel Fitch Stona Fitzek Sebastian Fitzgerald Helen Flagg Francis Fleischhauer Wolfram Flint Emma Flores Fernando A. 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Martin George R. R. Martin Ibon Martin Roger Martine Arkady Martinez Augustin Martinigol Danielle Marty Patrick Marx Thierry Masali Luca Massat Gabrielle Mat Daniel Matas Richard Matheson Richard Matheson Richard Christian Mathieu Nicolas Matsuura Hisaki Matthews Jason Maurois André Mausoof S. Mavroudis Sophia May Peter McBain Ed McCall Smith Alexander McCallin Luke McCann Colum McCrary Mike McDermid Val McDonald Ian McDonald John Ross McFadden Freida McGrath M.J. McGuinness Patrick McGuire Ian McHugh Laura McIlvanney Liam McKinty Adrian Meddi Adlène Médéline François Mediavilla Philippe Mehdi Cloé Melnik Jaroslav Menger Ivar Leon Meno Joe Mention Michaël Merino Olga Mesplède Claude Messac Régis Messemackers Julien Mestre Melvina Mey Louise Meyer Deon Meyrink Gustav Mi-Ae Seo Michaud Andrée A. Michelin Jean Middleton T.J. 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Schenkel Andrea Maria Schlesser Gilles Schreiber Joe Schuiten François Schwartzbrod Alexandra Schwartzmann Jacky Scott James Scott Stephanie Sebban Olivier Sebhan Gilles Seethaler Robert Sehic Faruk Seigneur Olivier Selek Pinar Sender Elena Sers Caroline Serviss Garett P. Seskis Tina Setbon Philippe Séverac Benoît Shahid Hamid Omar Shangdi Taiping Shaw William Sheldon Alice Bradley Sheridan Le Fanu Shoham Liad Shutterberg Anouk Sigurdardottir Lilja Sigurdardottir Yrsa Silverberg Robert Simenon Simon Chris Simonay Bernard Simonin Albert Simsolo Noël Sinisalo Johanna Sisinni Noël Sivan Isabelle Slaughter Karin Sliders Tim Slocombe Romain Smith Dan Smith JP Smith Michael Farris Smith Roger Smith Sarah Elaine Solano Thibaut Solomon Rivers Soltész Arpad Somoza José Carlos Soula Denis Soulié François-Henry Sounac Frédéric Souvira Jean-Marc Spider Spillane Mickey Spinrad Norman Spitz Jacques Spjut Stefan St Épondyle Antoine St Vincent Sarah St. Germain Justin St. John Mandel Emily Staal Eva Maria Stahl Jerry Starr Jason Steeman Stanislas André Steiner Kurt Steinhauer Olen Sten Viveca Stevens Chevy Steward Ketty Steyer Jean-Sébastien Stock Suzanne Stokoe Matthew Stolze Pierre Straub Peter Stuart Douglas Styron William Suaudeau Julien Sudbanthad Pitchaya Suhner Laurence Sullivan Randall Sund Eric Axl Svernström Bo Swanson Peter Swierczynski Duane Swindells Robert Sylvain Dominique Szamalek Jakub Szymanski Miguel Szymiczkowa Maryla Tabachnik Maud Tackian Niko Tafforeau Jean-Luc Taïeb Éliane Taillandier Denis Takano Kazuaki Tallent Gabriel Tanugi Gilbert Tassel Fabrice Taveau Olivier Taylor Alex Tchaikovsky Adrian Tchakaloff Gaël Tejpal Tarun J Temple Peter Teodorescu Bogdan Texier Nicolas Tézenas Hubert Thiéry Danielle Thill Christophe Thilliez Franck Thomas David Thomas Donald Thomas Gilles Thomas Louis C. 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Winton Tim Wolf Inger Wolf Tobias Wolfe Bernard Womersley Chris Wright David Wright Lawrence Xerxenesky Antonio Xiaolong Qiu Xiradakis Jean-Pierre Yates Christopher J. Yeowart Lyn Yi-Feng Kao Yokoyama Hidéo Yorke Margaret Young David Young Heather Yu Charles Zamiatine Evgueni Zanon Carlos Zárate José Luis Zarca Johann Zeimet Nicolas Zelazny Roger Zellweger Mark Zepeda Patterson Jorge Zimler Richard Zink Rui Zinos-Amaro Alvaro