Familière du Bassin d'Arcachon et première femme commissaire divisionnaire de la police française en 1976, Danielle Thiéry a opéré en brigade des mineurs, aux stups et à la sûreté aérienne et ferroviaire. Aujourd'hui, elle préside le jury spécial police du Festival du film policier "Reims Polar". Prix du Quai des Orfèvres en 2013 pour son roman "Des clous dans le cœur" publié chez Fayard, elle a également beaucoup écrit pour la jeunesse.
On lui doit surtout ce personnage de "Marion" que les lecteurs de polars ont vu vieillir depuis son apparition dans "Le sang du bourreau" en 1996. Avec "Dernier sanglot", Rivages propose le seizième volet d'une série vagabonde, de Lattès à Rivages en passant par Robert Laffont.
Marion est une femme mais c'est aussi un nom. C'est comme ça qu'on aime s'appeler dans l'armée ou dans la police. Marion est flic et son prénom "Edwige" chuinte, semblable au murmure des essieux sur les rails. Normal pour une héroïne qui affutera ses premières armes dans un service de police ferroviaire. À la télé, quelques épisodes ne laisseront pas à Danielle Thiéry un prodigieux souvenir.
On la retrouve avec sa fille Nina qui ne manque pas non plus de caractère. Nina est l'amie de Jimmy, un spécialiste des nettoyages de scènes de crime. À l'occasion d'une intervention sur un chantier pourtant étranger au monde judiciaire, Jimmy découvre dans une maison de banlieue un spectacle d'horreur. Oubliez le syndrome de Diogène, on navigue un cran au-dessus dans un enfer de "natures mortes".
Un écrivain troublant, une éditrice ambiguë et des fratries en trompe-l'œil cherchent à nous distraire dans la ronde des procédures. On devine peu à peu qu'Edwige Marion poursuit une idée sombre, et la nature humaine désespérante n'est pas étrangère au surgissement de ce "dernier sanglot". Un très beau roman crépusculaire dans lequel Danielle Thiéry nous réserve une élégante pirouette finale.
Dernier sanglot – Danielle Thiéry – Rivages noir – 320 pages – 21€ - ***
Lionel Germain
Lionel Germain
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