Sélection du Prix du polar Sud-Ouest/Lire-en-poche
Dans l'univers du polar français, la critique sociale prédomine et c'est souvent une affaire sérieuse. Ce qui n'interdit pas aux francs-tireurs de dégoupiller quelques éclats de rire un peu grinçants.
Parmi ces farceurs du roman noir hexagonal, on peut citer Sébastien Gendron, Françis Mizio et bien sûr Jacky Schwartzmann. L'auteur de "Mauvais coûts" et de "Pension complète" détricote la paix sociale avec férocité depuis la parution de son premier roman noir "Bad Trip" en 2009.
Le héros de "Killing me softly" se prénomme Majid mais on l'appelle "M".
"C'est un vieux truc, ça date du collège. Notre prof de français nous a emmenés au Louxor, voir un vieux film en noir et blanc. "M, le Maudit". Christian a sorti "M, le Majid" pour plaisanter, et c'est resté."
Maudit, Majid l'est sans doute un peu, du moins aux yeux de la morale commune. Son boulot consiste à réduire l'espérance de vie des "méchants". Une petite entreprise d'élimination sur commande qui va le mettre sur les traces d'un pédocriminel. Avec un problème de mise en œuvre quand le client, qui a été la victime de l'agression sexuelle, exige d'assister et même de participer au bouquet final.
La cible est la deuxième mauvaise surprise: coincé dans un EHPAD, c'est un vieillard auquel on donnerait le Bon Dieu sans confession. Même les tueurs ont des états d'âmes et c'est tout le talent de Jacky Schwartzmann de jouer avec les paradoxes, de nous promener aux frontières de la bienséance et de nous laisser choisir où se niche le camp du bien.
Killing me softly - Jacky
Schwartzmann - La Manuf – 192 pages – 15,90€
Lionel Germain
Votez jusqu’au 5 juillet sur le site pour le roman de votre choix. Un tirage au sort parmi les votants désignera trois gagnants qui seront récompensés lors de la soirée d'ouverture du salon le 9 octobre, parc de Mandavit à Gradignan (33).
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