Quand Harry retrouve Renée, ou l’inverse. Dans ce second spin-off de la franchise Bosch, issu de l’univers de Michael Connelly, la "detective" (lieutenant de police) Renée Ballard (superbe Maggie Q, "Mission: Impossible III", "Nikita"), qui a collaboré avec Harry Bosch dans la saison 3 de "Bosch: Legacy", prend la tête d’une nouvelle division consacrée aux affaires non résolues ("cold cases"), au sous-sol du LAPD (Los Angeles Police Department).
Un local minable, un service sous-financé composé de volontaires et de bénévoles aux profils atypiques: un policier à la retraite, Thomas Laffont (John Carroll Lynch), une bénévole très enthousiaste, Colleen Haterras (Rebecca Field), une stagiaire en droit, Martina Castro (Victoria Moroles), une ancienne flic, Samira Parker (Courtney Taylor) et un réserviste posté là pour surveiller l’ensemble, Ted Rawls ( Michael Mosley). Ce service, crée principalement par le conseiller municipal Jake Pearlman (Noah Bean), ne devra son maintien qu’à la résolution du meurtre de Sarah Pearlman, sœur du conseiller.
Reléguée dans cette cave - après avoir dénoncé le comportement harceleur d’un collègue tout-puissant du département Vols et Homicides du LAPD et avoir vu ses amis et collègues lui tourner le dos - Renée, intuitive, acharnée au travail et connue pour son empathie et sa détermination, peut compter sur l’implication et la ferveur de son équipe.
En enquêtant sur le cas Sarah et en rouvrant des dossiers sur des affaires non résolues, Renée va explorer deux pistes à la fois: celle d’un tueur en série et celle d’un réseau de corruption au sein même du LAPD. Des affaires qui ont laissé les familles et les amis des victimes sans réponse, et pour lesquelles elle va faire appel à son collègue à la retraite, Harry Bosch (Titus Welliver).
Dans les tréfonds de ce "Departement Q" à la sauce LA, dans cette "bibliothèque des âmes perdues", ainsi que la nomme Colleen, se noue un thriller procédural âpre, sous constante pression et étroite surveillance politique, avec peu d’actions spectaculaires ou de séquences choc. Les drames personnels – chagrin, traumatisme, perte – jalonnent l’enquête de Renée, femme pleine de fêlures mais toujours professionnelle et résiliente.
En adoptant comme centre de gravité des dix épisodes la misogynie, le harcèlement sexuel et les violences faites aux femmes, "Ballard" dépasse la traditionnelle série policière grâce à Renée dont le personnage apporte une différence subtile.
Là où Harry demeurait mutique, rugueux, plein de noirceur et verrouillé de l’intérieur, Renée, lumineuse sur sa planche de surf à Malibu, trouve un exutoire à la violence et à la souffrance humaine qu’elle affronte chaque jour. Et qu’elle va devoir à nouveau affronter, suite à un cliffhanger, prélude à une saison 2, aussi addictive, espère-t-on, que la première.
Ballard – 1 saison, 10 épisodes (45-50 mn) - Prime Video - ****
Créée par Michael Connelly, Michael Alaimo, Kendall Sherwood
Réalisée par Jet Wilkinson, Patrick Cady, Jon Huertas
Avec Maggie Q, John Carroll Lynch, Rebecca Field, Victoria Moroles, Courtney Taylor, Michael Mosley, Titus Welliver, Noah Bean
Alain Barnoud

