Nombre total de pages vues

mardi 30 juin 2015

Tueur solitaire




 C'est la première enquête d'Ann Lindell, jeune policière d'Uppsala confrontée à une série de meurtres. Le lecteur est très tôt informé de l'identité du coupable et des motivations qui l'animent. L'intérêt du roman provient même de ce double regard posé sur une société suédoise beaucoup moins empathique et solidaire qu'on veut bien le croire. L'itinéraire du criminel, un toxicomane repenti obsédé par le bilan d'une vie qui l'a privé de sa femme et de son fils, est une ode à la solitude des grands paysages glacés du Nord. 




La terre peut bien se fissurer – Kjell Eriksson – Traduit du suédois par Philippe Bouquet – Actes-Sud (2010) – 428 pages – 9,70€ - ***
Lionel Germain




lundi 29 juin 2015

Le ciel est à l'orage






 Fish Mescado, détective privé, dérange les combines sordides de Jacob Mkezi, un ancien chef de la police sud africaine. Jacob Mkezi poursuit son commerce des petits garçons affamés. C'est un personnage dévorant à travers lequel se cristallisent toutes les contradictions de ce grand pays éreinté par son histoire. Escadrons de la mort, trafic de cornes de rhino, le ciel est à l'orage. 






Du sang sur l'arc-en-ciel – Mike Nicol – Traduit de l'anglais par Jean Esch – Seuil – 480 pages – 22,50€ - ***
Lionel Germain – Sud-Ouest-dimanche – 28 juin 2015




vendredi 26 juin 2015

L'Amérique est une fête foraine



 Écoutez le son amorti des trombones avant le sanglot des choristes. On dirait la mélodie des pneus d'une Cadillac sur l'asphalte mouillé de Hollywood Boulevard. "Perfidia" de Glenn Miller met la négritude en sourdine et courtise un excès de vibrato. On est en 1941, le samedi 6 décembre, l'Amérique s'apprête à découvrir la perfidie, la vraie, et le double jeu d'une nation d'abord sonnée par la violence d'une guerre surprise. Dimanche 7 décembre, les Japonais bombardaient Pearl Harbor.




James Ellroy est un démiurge. Avant lui, Los Angeles relâchait quelques vapeurs de soufre attribuées à Kenneth Anger pour le meilleur ou à Fred Otash pour le pire. "Ellroy est un casse-couilles. (…) Il m'a tout piqué pour camper un personnage de son roman surmédiatisé L.A Confidential. Le bouquin et la superproduction qu'on en a tirée ne cassaient pas des briques". C'est Otash, maître-chanteur, qui le dit mais c'est Ellroy qui parle dans "Extorsion", (Rivages). 





Si on a frôlé l'overdose ("une" des magazines, tour de France surmédiatisé), on doit reconnaître que le "chien fou" est un écrivain prodigieux. Sa réécriture de l'Histoire, nécessaire, scandaleuse et tragique, supporte les vents contraires de la propagande et la monstruosité d'un casting où se bousculent les personnages réels et les comparses de fiction dans un scénario improbable.



Le roman inaugure un nouveau Quatuor de Los Angeles au cours duquel les protagonistes du "Dahlia noir" ont perdu quelques années sans pour autant nous bercer d'innocence. Dans cette chasse aux Japs, les discours officiels ne trahissent rien de l'horreur. L'Amérique est une fête foraine où les haut-parleurs braillent du Glenn Miller pendant qu'on canarde les pigeons de porcelaine. 





Ellroy a vieilli. A travers la voix de la troublante Kay Lake, il maîtrise une narration plus fluide des atrocités à venir. Racisme, drogue, sexe, trahison, Perfidia… L'Amérique existe. Ellroy la réinvente sans cesse.   

Perfidia – James Ellroy – Traduit par Jean-Paul Gratias – Rivages – 850 pages – 24 - ***
Extorsion – Rivages - 189 pages – 13,50€ - **
Lionel Germain – Sud-Ouest-dimanche – 21 juin 2015







jeudi 25 juin 2015

Jean Vautrin: Romans noirs



 Les éditions Fayard ont réédité en 1991 quatre romans noirs de Jean Vautrin sous la forme d'un gros pavé de plus de 800 pages. 
"Billy-ze-Kick", "Bloody Mary", "Groom" et "Canicule" avaient été publiés initialement entre 1974 et 1982 chez Gallimard et Mazarine. 
En 2011, Robert Laffont a réédité l'ouvrage sans "Groom" et augmenté de deux autres titres, "L'Homme qui assassinait sa vie" et "Le roi des ordures"




Les cinq ans qui séparent "Billy-ze-Kick" de "Bloody Mary" n'affectent en rien l'impression de continuité que ces deux romans entretiennent avec "Groom" pour former ce qu'on appellerait, aujourd'hui, une trilogie noire sur le thème des grands ensembles. En épilogue, "Canicule" est un roman de saison qui nous entraîne dans une Beauce où la violence va se déchaîner aux trousses de Jimmy Cobb, le fuyard américain perdu dans cette "plaine de solitude immense". 





Dans toutes ces histoires, les mômes ont un rôle de premier plan. Zulie-Berthe, dans "Billy-ze-Kick", est une petite fille de 7 ans qui doit sans doute beaucoup à Queneau et davantage encore au pessimisme tendre de Vautrin. Son papa est inspecteur de police et lui invente des histoires qui auront la fâcheuse tendance de se réaliser. Butch Cassidy, dans "Bloody Mary", est un sale gosse, témoin d'un meurtre. Il tient l'assassin sous sa coupe. Bloody Mary, elle-même, épouse d'un flic épris d'ordre, est à la fois femme et enfant. Haïm, le héros de "Groom", a beau être un adulte, c'est dans la peau d'un gamin de douze ans qu'il vit sa vraie vie de groom à l'hôtel Algonquin. Pour échapper à l'enfer des cubes de béton, ces mômes délirent et la réalité ne les rattrape que par le crime.

Le commissaire Bellanger, seul flic humain du paysage, s'absente au début de "Billy-ze-Kick" et de "Bloody Mary" et ne réapparaît qu'aux toutes dernières pages, sans avoir joué de rôle décisif dans l'intrigue. Le noir lyrique de Vautrin s'émiette dans la grisaille minérale des cités. Comme le dit Gérard Mordillat dans la préface: "La littérature moderne, c'est ça."



Romans noirs – Jean vautrin – Préface de Gérard Mordillat – Fayard (1991) – 848 pages – 23,40€ - ***
Romans noirs – Jean Vautrin – Robert Laffont (2011) – 1066 pages – 30,50€ - ***
Lionel Germain – d'après un article publié dans Sud-Ouest-dimanche – 1er septembre 1991




mercredi 24 juin 2015

C'est riz noir et vin blanc




 On l'appelait le riz interdit parce qu'il était réservé à l'empereur. Son petit goût de noisette nous rappelle les chemins de contrebande où s'est volontairement fourvoyé l'un des écrivains les plus volatils du siècle. Cinq romans éternués entre deux étapes sur des nappes vichy (21,48€) devant un pot de Mercurey (Blanc Puligny Montrachet, 38€). Il a redonné au polar les attributs du conte de fée, et c'est bien connu, ramené à la trivialité de l'affrontement entre l'Iran et Israël, la fée mène au logis de la Perse et de Sion. 24,50€ le lot de cinq romans. Tout doit disparaître.



Tout doit disparaître – Jean-Bernard Pouy – Série noire Gallimard - 704 pages – 24,50€ - ***
Lionel Germain




mardi 23 juin 2015

Religion




 Rendez-vous des amateurs de frissons, l'Indic traque les frémissements de soutane, les détournements de Torah et les abus de Calife. Une enquête sur la religion qui permet à Julien Védrenne de nous rappeler les "10-18" commandements, de Frère Cadfael au Rabbin David Small, tandis que Caroline de Benedetti passe en revue les corps d'armée au service de la foi chez Tim Willocks et DOA. On aurait aimé plus d'espace pour l'œuvre singulière de Barouk Salamé mais ça mérite l'acquittement. 




L'Indic N°21 – Association Fondu Au Noir – 48 pages – 7€ - ***
Lionel Germain



Où trouver L'Indic?




lundi 22 juin 2015

Feu sacré





 On parle du feu sacré pour évoquer cette étrange puissance qui anime les hommes bons. Un homme bon peut faire des choses mauvaises. Le feu sacré le rendra terriblement mauvais. Sur cet air de paradoxe, Jo Nesbo construit la plus tragique des variations. Un tueur triste invité par erreur au festin des hyènes et des chacals, condamné au désamour et aux ténèbres. Un noir fardé de douleur et d'hiver.  





Du sang sur la glace – Jo Nesbo – Traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier – Série noire Gallimard – 154 pages – 14,90€ - ****
Lionel Germain – Sud-Ouest-dimanche – 21 juin 2015




vendredi 19 juin 2015

Jean Vautrin: La vie est un feuilleton...



On s'est retrouvé à Uzeste. C'était en février 1991. On a passé l'après-midi à bavarder dans son magnifique bureau entièrement "années trente". Je me souviens d'une bouteille de Graves. De mon magnéto foireux qui couinait...

Photo éditeur Laffont


Jean Vautrin est un homme de parole. Il aime les mots et se veut fidèle à la trace qu'ils ont laissée. Souvent, quand il a terminé une page, il la lit à haute voix à sa femme. Il faut que le verbe ait du corps, que la phrase soit éprouvée physiquement.

Après ses presque vingt ans de cinéma (sans compter ses années de scénariste) qui l'ont vu crapahuter de l'Inde à Hollywood, en passant par Cinecitta et le désert algérien le jour où une première bombe atomique signifiait au monde l'entrée de la France dans la cour des grands équarisseurs (Reggane à l'heure H), le voilà qui abandonne les leurres et les combines de la machine à fabriquer les stars pour arpenter en solitaire les chemins de la création. 

De 1973 à 1983, il publie sept romans noirs qui vont contribuer au renouvellement du genre. Vautrin met en scène  des personnages écrasés par une violence absurde. Celle des clapiers érigés en dépit du bon sens à la périphérie des villes, là où les âmes sont coulées dans le béton, jusqu'au jour où les murs se lézardent pour laisser s'échapper la haine et le désespoir. Haïm, le héros de "Groom" "aime tenir la porte au bonheur" mais le rêve ne préserve pas de tout. 

Homme de parole, Vautrin le sera encore dans "La Vie Ripolin", fidèle à sa colère qui gronde et resplendit parce que, c'est bien connu, les chants désespérés sont d'une beauté paradoxale. On sait maintenant que cette colère n'est pas fondée sur une critique sociale mais sur une injustice plus grande encore, la naissance d'un enfant autiste. Samothrace et Charlie, Anne et Jean, n'ont pas fini d'en découdre avec la tragédie.

"La Vie Ripolin", c'est le roman d'une vie béquillée par le destin. C'est aussi une entrée remarquée en "littérature" puisque le livre obtient le Grand Prix du roman de la Société des gens de lettres en 1986. A propos de ses héros de papier, il y écrivait qu'ils sont "des gens de rien… Partis d'une patte de mouche. Des sujets malingres à qui vous venez de donner vie le matin même. Et qui, en deux, trois paragraphes, prennent du muscle, du rubicond, de la stature, galipettent pour se faire remarquer…"

Ceux qui foisonnent dans "Un grand pas vers le Bon Dieu" se feront tellement remarquer que le jury du Goncourt sera tout retourné en 1989.

Avec les aventures de Boro, reporter-photographe, on pouvait craindre ou espérer un pur divertissement. Fatigué de ses coups de gueule, Vautrin se serait complaisamment livré avec Dan Franck à un remaquillage de scénario BD pour nostalgiques des albums de Tintin.
Personne ne sera déçu, en fait. Les auteurs renouent effectivement avec la tradition du feuilleton populaire qui multiplie les péripéties, contraignant le lecteur à avaler les pages pour savoir comment le héros s'en sortira. 

L'année 1936 du "Temps des cerises" est fertile en rebondissements, de la formation du Front populaire au début de la guerre d'Espagne. Boro ne se contente pas d'observer la montée des périls. Il est aussi un homme de parole. Parole donnée à la petite Liselotte comme à ses amis républicains de Catalogne. Dans ce gros livre où l'on côtoie Léon Blum, Léautaud, Chaplin et Malraux, écrit à quatre mains pratiquement selon la méthode du cadavre exquis, Boro, l'homme à la canne et au Leica, appartient autant à Dan Franck qu'à Vautrin, mais la part de Vautrin se devine dans l'ironie désabusée qui prolonge le regard de Charlie.

Lionel Germain - Sud-Ouest-dimanche - 17 février 1991



Voici l'entretien que Jean Vautrin m'avait accordé pour SOD en 1991. 

LG: Le succès des aventures de Boro après celui du Goncourt fait peut-être oublier le parcours du cinéaste Jean Herman, assistant de Rossellini, de Minelli, de Rivette, réalisateur de films comme "Adieu l'ami" ou "Jeff". Comment s'est passée la rupture avec le cinéma?

Jean Vautrin: C'est peut-être de la faute à Rossellini dans le fond. C'était un diable de metteur-en-scène qui écrivait sans scénario et quand on devenait son assistant, on se retrouvait dans la position du disciple qui suit son guru dans la rue. On récoltait sa parole pour, le lendemain, essayer de mettre à sa disposition tout ce qui était nécessaire pour le tournage. En tout cas, ce qu'il nous a appris par-dessus tout, c'est qu'il allait à l'homme. Quand j'ai fait du court métrage, et j'en ai fait quand même une trentaine, c'était formidable, j'étais l'auteur intégral de ce que je faisais et plus tard, quand est venue l'heure du long métrage, à part une première expérience qui était celle du "Dimanche de la vie", avec Raymond Queneau, j'ai commencé une carrière où je n'avais plus affaire qu'à des vedettes. J'ai eu l'impression de ne plus être moi-même, de devenir un façonnier. J'aurais pu devenir un habile façonnier mais j'appartenais à une époque qui est celle de la Nouvelle Vague. On envisageait les choses autrement. Et puis un film, c'est quelque chose de miraculeux quand on arrive à le mener à bon port. Il y a un grand décalage entre la vertu première, qui est celle des idées, et ce qu'on voit sur l'écran. Il faut tirer son chapeau aux grands créateurs comme Fellini ou Orson Welles qui, en dépit de tous les avatars financiers ou autres, arrivent à construire des œuvres originales. Non, moi, j'étais fait pour l'écriture.

LG: Vos premiers romans étaient des romans noirs.

JV: La vie a donné un coup de pouce parce qu'un enfant autistique, un enfant différent est né dans cette famille. Anne, ma femme, qui était comédienne, a dû cesser ses activités, moi j'ai dû cesser les miennes, on a habité à la campagne, on s'est réfugié dans une maison suffisamment grande pour qu'elle puisse absorber les cris incessants de cet enfant, et que le frère et la sœur qui l'accompagnaient puissent continuer à vivre normalement. Je me suis finalement retrouvé au fond d'un parc en me demandant comment j'allais gagner ma croûte. Or comme dans les contes de fée, Marcel Duhamel passe par là et me dit: "Écoute, puisque le béhaviorisme est à tous les stades du scénario, peut-être que le roman noir est ce que tu ferais de mieux". J'ai donc commencé à écrire des romans noirs. Je ne les appelle pas des "polars". Je trouve qu'il y a une consonance un peu péjorative quand on dit "polar".




LG: C'est surtout un terme commode pour éviter les étiquettes multiples: roman à énigme, roman policier, thriller…

JV: Je crois que c'est Manchette qui a inventé le mot. Dans les années soixante-dix, on s'est tourné tout naturellement vers la société. On a beaucoup parlé de la période d'implantation des "achélèmes", des grandes cités dortoirs. J'habitais à côté de Sarcelles et je voyais sortir de la terre glaise des cubes de béton qui ressemblaient à des nids d'abeilles, avec des immigrés qui prenaient le train, abrutis de fatigue et, le jour, cette torpeur étrange, ces rues vides, ces femmes qui bâillaient au balcon. On avait eu le rêve prémonitoire que c'est de là que partirait la violence et ça se vérifie aujourd'hui. J'étais aux États-Unis et les deux idéologies, marxisme et capitalisme, se fendillent complètement. Il y a des barbares qui sont en train de vivre sous terre et qui dansent déjà sur les ruines de Manhattan, et de l'autre côté, on dansera peut-être sur les ruines du Kremlin.
Je passe du coq à l'âne, mais ce qui me fait peur avec cette foutue guerre c'est que la barbarie aille si loin qu'on ne puisse plus l'arrêter. Je crois que ce sera à la fois le règne des barbares et le retour de l'ordre. Et ce retour de l'ordre me fait peur parce que ce sera le fascisme. Si on réfléchit bien, on est tous responsables. L'Europe des riches est une vieille Europe. Nous sommes des ventres.

LG: On retrouve là quelques unes des préoccupations de Boro dans cette sombre année 1936. "La Vie Ripolin", primée par une société respectable, vous fait passer du statut d'écrivain à celui d'homme de lettres. En quoi ce roman autobiographique est-il une étape importante dans votre carrière?

JV: D'abord, c'est mon dixième livre. "La Vie Ripolin", c'est un cri d'angoisse, un cri de colère par rapport à la situation des autistes. J'avais un compte à régler avec Sigmund Freud.




LG: Vous avez des mots très durs pour qualifier les agissements de l'analyste Metianu.

JV: Oui, Metianu était un escroc. Quand je pense qu'on fait tendre un billet de 200 balles à un gosse qui ne parle pas sous prétexte qu'il faut avoir un rapport avec l'argent, ça me fait hurler. Brusquement, c'est Diafoirus, c'est le Moyen-âge. J'avais vraiment envie d'être comme Charlot. Quand la police se tourne, j'avais envie de lui mettre mon pied au cul. C'est un peu ça "La Vie Ripolin", une espèce d'impertinence. Le roman que j'ai entrepris, qui s'appelle "Symphonie Grabuge" en est la continuation. J'aimerais prolonger la colère de "La Vie Ripolin" pour qu'elle nous entraîne à travers le monde, les guerres, la publicité, la babélisation qui nous pend au nez.

LG: Vautrin est un pseudonyme que vous avez emprunté à Balzac qui, lui-même, s'était inspiré du personnage de Vidocq. Idéal pour le roman noir, le pseudonyme n'est pas mal choisi non plus pour quelqu'un qui, avec Dan Franck, tente de tirer le portrait d'un demi-siècle.

JV: Je ne m'étais pas trompé. Vous avez raison, ce qui m'a fasciné, c'est le personnage balzacien. C'est un personnage étrange, Vautrin, et je compte bien écrire sa biographie un jour. Vautrin par Vautrin, ce sera drôle. C'est un policier et à la fois, c'est un forçat. C'est un type très ambigu. Cette richesse m'intéresse, peut-être parce que je n'ai pas envie de m'inscrire dans un ordre. J'ai eu également une grand-tante qui s'appelait Vautrin. Je suis alsacien-lorrain d'origine et en Lorraine, Vautrin est un nom assez courant. Je crois que dans les Ardennes, le vautrin est un sanglier. Ce côté protéiforme me plaît.




LG: Boro, le reporter du "Temps des cerises" est hongrois. Pourquoi hongrois? Par exotisme?

JV: C'est tout le principe de Boro. C'est-à-dire qu'avec Dan Franck, qui est d'origine slave et qui est juif, on a voulu un héros paradoxal. On a voulu un type qui soit beau mais qui boite, un héros fitzgéraldien d'Europe centrale, une espèce de dandy qui ressemble très fort à Billal, d'ailleurs, tel qu'il est dessiné sur les couvertures. On voulait raconter l'histoire d'un homme qui regardait le monde à travers cet œil magique qu'est le Leica. La réalité de départ, c'est celle de l'école photographique des années trente qui compte des hommes comme Brassaï, Capa, tous originaires de Hongrie. Ce n'est pas un hasard. La mèche est allumée dans les Balkans, alors qu'en France, on se croit encore peinards. Ces gens-là ont déjà vu des pogroms et ils arrivent avec un désespoir et une sensibilité à fleur de peau. Cela n'est pas sans résonance pour notre époque. Je suis d'accord pour que les gens se mélangent, ce n'est pactiser avec le diable et ça n'empêche pas les particularismes. Boro, c'est un métèque. C'est un type qui adore les voitures mais il ne peut pas conduire, c'est un homme à femmes, mais il est handicapé, et c'est malgré tout un héros. On a repris le feuilleton volontairement là où Maurice Leblanc arrête Lupin. Lupin, c'est le monocle. Fantomas, c'est la cape, nous, c'est la canne et le Leica.

LG: Comment s'est passée la rencontre avec Dan Franck, le co-auteur des "Aventures de Boro"?

JV: On s'est rencontré au Salon du livre, il y a cinq ou six ans, et il me disait son désir de taquiner le roman populaire. Moi, je lui disais mon amour des années trente et, petit à petit, est né le projet d'une collaboration. Le vin de Pauillac aidant, un compagnonnage s'est instauré. On s'est mis d'accord sur le personnage, sur le principe qui consiste à toujours partir du réel. Comme on était un peu allumé, on est allé voir l'éditeur le plus proche qui était Balland. Il a trouvé l'idée lumineuse. "La Dame de Berlin" a donc été coproduite par Balland et Fayard. La maison Arthème-Fayard a une tradition dans l'édition du roman feuilleton.




LG: C'était l'éditeur de Fantomas.

JV: Oui, Fantomas, Zévaco et bien d'autres.

LG: "Le Temps des cerises" commence en 1936, "Paris empestait les feuilles mortes". Vous êtes sévère avec la société française de cette période, qui apparaît comme un ramassis de cagoulards, de comploteurs dérisoires, inconscients des vrais dangers qui fermentent à nos frontières. Il y a peu d'éléments sympathiques.

JV: Il y a les petites gens.




LG: Qui composent un milieu mythique. Celui de la guinguette après le turbin.

JV: 1936 est une année clé en France. Pour le cinéma aussi, c'est la grande époque de Prévert, Carné, Renoir. C'est une époque où les gens se déterminent parce que brusquement, il y a une éclosion de liberté qu'on doit au Front populaire. A cette époque, on est carrément de droite ou de gauche. Boro est du côté des petites gens. Il fait une rencontre magique avec une fille du peuple qui est Liselotte, et Liselotte nous entraîne dans les mines de charbon. Mon grand-père était mineur à Bruay-en-Artois, il était socialiste en 1905, portait une lavallière et une très jolie montre en or dans son gousset, et en même temps, il allait crier dans la rue. C'était important de parler du charbon qui symbolise les premiers combats syndicaux.

LG: Boro a une éthique. Il ne vend pas ses reportages au plus offrant.

JV: Pour les choses graves de la vie, oui, il a une ligne de conduite. Il est assez chevaleresque à certains égards. Il juge aussi ses confrères et il ne se permettrait pas de donner des informations scandaleuses à n'importe qui.




LG: A propos du feuilleton, plus particulièrement de "Fantomas", Hubert Juin écrivait dans la revue "Europe": "Il n'y a pas de style mais une coulée verbale". Dans "Le Temps des cerises", la coulée verbale est parfaitement maîtrisée et on se demande parfois si on n'est pas dans le registre de la parodie.

JV: C'est un des écueils. Jouer le jeu à fond et ne pas pasticher, c'est très difficile. Il y a des moments où on se laisse aller à des clins d'œil. Charpaillez, le flic gazé, c'est un vrai personnage de feuilleton. C'était un drame de le faire mourir. On s'est longuement téléphoné avec Dan.

LG: Comment travaillez-vous tous les deux?

JV: Chacun de son côté. On scénarise assez peu. Maintenant qu'on connaît tous les deux parfaitement le personnage de Boro, les seuls problèmes qu'on a à résoudre sont des problèmes d'imagination et de forme. En fait, on travaille selon la méthode du cadavre exquis. Il y en a un qui envoie cinquante pages à l'autre et celui-là doit assumer le cadavre. C'est très fructueux parce que ça condamne à l'imagination.




LG: Avez-vous le temps de faire autre chose?

JV: J'aime bien béquiller entre des textes très courts et des flatulences d'envergure. La nouvelle me fait du bien dans la mesure où oncherche le mot juste. C'est un étrécissement permanent et c'est une école de rigueur. Mes nouvelles se vendent très bien, on les traduit à l'étranger, et je voudrais prouver, à travers la collection que j'ai prise chez Julliard, que c'est un genre fascinant et divers. Il ne faut pas oublier que Maupassant est parti d'ici, et qu'il a influencé tous les Américains qui nous renvoient la nouvelle comme un boomerang. C'est maintenant qu'on redécouvre que Marcel Aymé était un nouvelliste prodigieux. En fait, on s'était perdus parce qu'on avait confondu nouvelle et fond de tiroir.

LG: Le bonheur?

JV: Je suis quelqu'un qui n'aime pas beaucoup le bonheur. Dès l'instant qu'on est assis et qu'on dit: "Je suis heureux", c'est que déjà, on est en passe de ne plus l'être. J'aime le mouvement, la marche. Au moins, on a le courage d'avancer une patte devant l'autre et de risquer la chute. L'écriture, c'est pareil.





(Uzeste, février 1991)
  

Les aventures de Boro – Franck et Vautrin – Fayard – 8 volumes 







Fauteurs de trouble





 Doublement préfacé par Pierre Magnan et Jean-Baptiste Baronian, longtemps boussole du noir au Magazine Littéraire, "La Mariée rouge" n'est pas un roman pornographique. Hervé Jaouen se met à l'abri des voix qui nous sont chères pour se protéger des mauvaises rumeurs. Ce dérapage sanglant dans la France profonde entre des "fauteurs de trouble" et une noce, jugé trop violent par la Série noire, dut attendre la fin des années soixante-dix pour être publié. 




La mariée rouge – Hervé Jaouen – Omnibus – 200 pages – 11€ - **
Lionel Germain




jeudi 18 juin 2015

Le Nom de Joseph



 Il était une fois une petite ville du midi de la France avec son bar de la marine où officiait le Grand Zé. Un homme entra aussi secret que le Wurlizer débranché au fond de la salle. Il lut la pancarte qui indiquait "billard à l'étage" et gravit lentement les marches. Alors Zé le rejoignit et les billes se mirent à danser sur le tapis vert. Au mur, le calendrier affichait le saint d'un jour périmé depuis plus de vingt ans. On décida que l'inconnu s'appellerait Joseph.
A travers les vitres du bar, les nuits et les jours s'organisent comme sur un écran poussiéreux qui ménagerait des flous. Ainsi la mort d'Ida…





"Quand tout sera fini, mon identité, d'où je viens, pour faire quoi, les billets dans mes poches, rien n'aura plus de prix et vous rirez de Joseph, un prénom emprunté à un jour qui n'était pas le bon, mais vous, vous tous, alors, qui m'attendiez, même encore ignorants de ce que vous êtes, vous serez au bout de votre histoire! Et il vous restera à vous taire comme la mort!"





Jamais la proximité entre le conte et le roman policier n'avait été aussi évidente que dans ce roman de Michel Quint, Grand Prix de littérature policière en 1989. 

Billard à l'étage – Michel Quint – Rivages (juin 1993 – première édition: mai 1989) – 192 pages – 7,65€ - *** 
Lionel Germain – d'après un article publié dans Sud-Ouest-dimanche en 1989




mercredi 17 juin 2015

Ça mange pas de pain



 Une partie de l'humanité infectée par un champignon s'est transformée en monstre cannibale décérébré. Certains enfants qui semblent avoir une double identité, bestiale et humaine, peuplent le camp dirigé par le sergent Parks. Un camp d'expérimentation scientifique où la petite Mélanie tente de comprendre et de survivre.




Les amateurs inconditionnels de zombies n'y trouveront sans doute pas leur compte mais la force du roman tient au questionnement sur l'identité et à la grande tendresse portée au personnage de Mélanie. Mélanie est partagée entre son désir innocent d'être aimée par Mademoiselle Justineau, son institutrice, et la terrible pulsion carnassière qui la submerge.






Celle qui a tous les dons – M.R. Carey – Traduit de l'anglais par Nathalie Mège – L'Atalante – 512 pages – 25€ - ***
Lionel Germain




mardi 16 juin 2015

Infiltration





 Né d'un père syrien et d'une mère silésienne, Friedrich Ani est un Bavarois qui mesure le sens de l'entre-deux. Son héros est un ancien flic reconverti dans le privé au sein d'une agence dont les membres constituent un joli tourbillon romanesque. A la recherche d'un homme disparu, Tabor va touiller les marécages de l'extrême-droite. Infiltré ou contaminé par la peste brune, le disparu est une énigme.





"M" Une enquête de Tabor Süden – Friedrich Ani – Traduit de l'allemand par Johannes Honigmann – Jacqueline Chambon – 342 pages – 23€ - **
Lionel Germain




lundi 15 juin 2015

L'ombre de ton ombre





 L'homme est parfait, attentionné, amoureux. C'est cette euphorie domestique qui le rend détestable aux yeux de sa compagne. Pour légitimer son envie de meurtre, elle doit d'abord se transformer en victime. On a beau être convaincu du dérèglement des valeurs, la logique fonctionne. La météo du roman, dépressionnaire et poisseuse, nous englue dans le bourbier d'une prédatrice complètement dingue et obsédante. Du grand art.





Langue de fer – Pierre Grundmann – Rivages – 318 pages – 8€ - ***
Lionel Germain




vendredi 12 juin 2015

Canicule et chambre froide



 Lucilia Caesar est l'autre nom d'une des mouches les plus emblématiques du destin des mammifères. Dans un premier chapitre brûlant comme du marbre funéraire au mois d'août, Joseph Incardona nous détaille les parcours de cette ronde vrombissante éprise de nectar mais dont les larves se nourrissent de charogne. Un homme, Pierre Castan, enfermé volontaire dans une voiture chauffée à blanc sur le parking des vacances, voudrait mourir dans ce cercueil de tôle. Il a été médecin légiste pendant 17 ans et "les mouches à merde", il connaît.





Dans la cafétéria de l'autoroute, miraculé après un accident de moto, Pascal débite les hamburgers et les idées noires. Il n'a qu'une question innocente et cruelle à poser aux clients pour lesquels il est invisible: "Quel est donc le prénom de cette jolie petite fille qui vous accompagne?"






Loin au cœur de la ville, la femme de Pierre s'étiole. La disparition de son enfant a épuisé son stock de larmes. Entre deux bloody mary, elle n'attend plus qu'un coup de fil de Pierre, "le chasseur au rapport". On voit rapidement deux logiques s'affronter, celle des enquêteurs et celle de la justice privée. 

Mais le roman est aussi un objet littéraire où se condensent les traces d'autres œuvres. Joseph Incardona rend hommage à François Bon dont certains personnages traversent le décor. "Les livres se nourrissent de livres" et pour le plus grand malheur des jeunes filles, dans les restaurants d'autoroute aussi, il y a des chambres froides.  

Derrière les panneaux, il y a des hommes – Joseph Incardona – Finitude - 288 pages – 22€ - ***
Lionel Germain – Sud-Ouest-dimanche – 7 juin 2015




jeudi 11 juin 2015

Camp retranché





 Comment résister à ce sentiment de terreur qui saisit Ludovica au moment où l'Angola se prépare à l'indépendance? L'agoraphobie conduira cette femme à se retrancher  dans un appartement avec son chien et à survivre en recluse pendant trente ans. C'est un roman qu'écrit José Eduardo Agualusa parce qu'il réinvestit la mémoire de cette femme bien réelle morte à Luanda en 2010 à l'âge de 85 ans, mais la fiction est porteuse d'une vérité poétique et fascinante.




Théorie générale de l'oubli – José Eduardo Agualusa – Traduit du portugais (Angola) par Geneviève Leibrich – Métailié – 176 pages – 17€ - *** 
Lionel Germain




mercredi 10 juin 2015

Cornues du chaos



 Quand ils arrivent dans le petit village du pays de l'Ariégeois où un de leurs ancêtres a été accusé puis exécuté pour un meurtre, les héros de "Sanctus" de Michel Quint pensent qu'ils ont le monde à réinventer. Le couple Baudouin et Clotilde et leur ami Ferdinand fouillent patiemment dans les archives du presbytère et de la mairie pour renouer les fils d'une enquête confuse et tenter d'apporter la preuve de l'innocence d'Odilon.




Seulement voilà, qui croire de l'abbé Dotin ou de l'instituteur-secrétaire de mairie qui proposent tous deux une version contradictoire de ces événements survenus au XIXème siècle? Et qu'en est-il de ce cadavre d'enfant découvert sur les fonts baptismaux en ce 12 novembre, jour de leur arrivée au village? En manipulant les correspondances entre le présent et le passé, en laissant entendre que ce qui est écrit ne conduit à aucune autre vérité que celle du texte, Michel Quint consommait sa rupture avec les parodies du réel. "On veut savoir pourquoi on vit", tout simplement. 



Ni révélation divine ni déduction triomphante, pour se délivrer du péché originel, l'auteur joue avec les "Cornues du chaos", un déploiement de signes sans rapport avec cette quête de la justice qui œuvre encore au noir. 

Sanctus – Michel Quint – Terrain Vague (1990) – 211 pages – 5 à 17€ occasion, librairies en ligne - ***
Lionel Germain – d'après un article publié  dans Sud-Ouest-dimanche en 1990




mardi 9 juin 2015

Jeux d'espions





 Certes, la fin du "communisme" de type soviétique a mis un terme à la guerre froide et les espions se sont trouvé d'autres terrains de jeu. Jason Matthews a passé plusieurs années à la CIA et son roman nous rappelle pourtant que les raideurs stratégiques ankylosent toujours les rapports Est-Ouest. Quand la Russie figure à nouveau l'ogre, les agents secrets reprennent la partie de poker menteur. Amours, trahisons et frissons planétaires.




Le moineau rouge – Jason Matthews – Traduit de l'américain par Hubert Tézenas – Cherche-Midi – 656 pages – 21,50€ - **
Lionel Germain




lundi 8 juin 2015

Tu m'aimes?






 Joe le libraire a un grain qui l'empêche de vivre autrement qu'en aspirant la vie des autres. Celle de l'apprentie écrivain par exemple. Une femme parfaite qui s'appelle Beck. Elle en aime un autre promis à un avenir fâcheux. Parce que Joe veille. D'ailleurs, c'est Beck le destinataire du roman. Un "tu" menaçant comme un vol de frelons. Caroline Kepnes est une auteure américaine au regard tendre. Parfaite. Tu peux me croire. 




Parfaite – Caroline Kepnes – Traduit de l'américain par Camille de Peretti – Kero – 480 pages – 19,90€ -
Réédition Pocket mars 2016 - 512 pages - 7,80€ - *** 
Lionel Germain







vendredi 5 juin 2015

Cauchemar d'auteur






 Auteur d'un best-seller sur le parcours d'un serial killer, traumatisé par le suicide de sa femme, un romancier cherche à protéger son fils alors qu'une autre enquête va le plonger dans une tourmente obsessionnelle. Cauchemar d'écrivain destiné à nous faire douter en permanence de son propre récit, le polar développe très habilement une réflexion sur le temps et sa discontinuité.






L'Obsession – James Renner – Traduit de l'américain par Caroline Nicolas – Pocket – 576 pages – 8,40€ - **
Lionel Germain




jeudi 4 juin 2015

Retour d'Irak





 Difficile réinsertion pour les vétérans de la guerre d'Irak. Dans la partie compétences du CV, on cherche une formule acceptable pour "salopard qui aime se traîner dans la boue" et on finit gardien de parking, comme le héros du livre, Neal Maven. Jusqu'au jour où la chance semble tourner avec l'apparition d'un sauveur, vétéran lui-même. Dépouiller les dealers en détruisant la drogue, ça peut rapporter gros et donner bonne conscience. Mais il y a forcément un os quelque part. Passionnant.



Tueurs en exil – Chuck Hogan – Calmann-Lévy – 348 pages – 20,90 euros - **
Lionel Germain – Sud-Ouest-dimanche – 2 octobre 2011




mercredi 3 juin 2015

Mise au vert





 Ex-journaliste pris dans la tourmente de ses drames personnels, Tom Coleman lutte contre la bouteille dans la petite entreprise de location de canoë qu'il a héritée de son grand-père. Sous le regard bienveillant de son père, un ancien flic, il va peu à peu chercher sa place dans ce trou perdu au fin fond du Nebraska. Écrit avec suffisamment de lenteur pour qu'on s'entiche du paysage et de son héros malheureux, le roman se pimente d'une affaire de drogue qui prouve que les décors sont parfois trompeurs.





Rain dogs - Sean Doolittle – Rivages – 343 pages – 9,50 euros - **
Lionel Germain – Sud-Ouest-dimanche – janvier 2012




mardi 2 juin 2015

Échec aux maths





 "Est-il plus difficile de chercher la solution d'un problème que d'en vérifier la solution?", c'est l'une des interrogations sur lesquelles s'affrontent, Ishigami, professeur de mathématiques et Yukawa, physicien et collaborateur de la police. Dans ce roman très stimulant pour les neurones, Ishigami maquille par amour le meurtre qu'a commis sa voisine en accident. C'est habile et un brin pascalien mais Dieu est du côté de Yukawa.






Le Dévouement du suspect X – Keigo Higashino - Actes Sud – 315 pages – 21,30€ - ***
Lionel Germain – Sud-Ouest-dimanche – décembre 2011




Auteurs

Abbott Jeff Abbott Megan Abeille Jacques Abel Barbara Abtey Benoît Adàm Anne Adamson Gil Aden Thomas ADG Adler-Olsen Jussi Agualusa José Eduardo Aguinaldo Silva Aichner Bernhard Ajvaz Michal Alaux Jean-Pierre Alden Rebecka Aldiss Brian Alexandre Laurent Alger Cristina Allyn Doug Alsterdal Tove Amand Patrick Ambrose David Amila Jean Amoz Claude Anderson James Anderson Poul Andrevon Jean-Pierre Andriat Frank Anger Kenneth Angevin David Ani Friedrich Annas Max Appers Alexandra Arbol Victor del Argemi Raùl Arion George Aristégui Marie-Claude Arlidge M.J. Arnaud G.J. Arnott Jake Arnould Jacques Arthur G.D. Asimov Isaac Aspe Pieter Astier Ingrid Atkins Ace Aubarbier Jean-Luc Aubenque Alexis Aubert Brigitte Audru Guillaume Augusto Edyr Aurousseau Nan Ayerdhal Ayres Jedidiah Aziza Claude Bablon Jacques Bal Olivier Ball Toby Banks Iain M. Bannalec Jean-Luc Bannel Cédric Banville John Baoshu Barbato Paola Barbet Pierre Barclay Linwood Barde-Cabuçon Olivier Barjavel Barker Clive Baronian Jean-Baptiste Barr Nevada Barrière Michèle Barski Odile Bartelt Franz Barton Fiona Bassoff Jon Bathelot Lilian Baudou Jacques Bauer Belinda Bauwen Patrick Baxter Stephen Bayer William Beaulieu Bradley P. Bec Raoul Behm Marc Beinhart Larry Bell David Bell Sarah Benedetti Caroline de Bénita Paul Benotman Abdel Hafed Benson Stéphanie Berg Alex Bergal Gilles Berry Flynn Berry Steve Beuglet Nicolas Beukes Lauren Beutin Philippe Beverly Bill Bilal Parker Bill Frank Bindner Christian Birkefeld Richard Bizien Jean-Luc Bjork Samuel Black Benjamin Blake James Carlos Blanc William Blanche Francis Bloch Robert Block Lawrence Bofane In Koli Jean Bohler Sébastien Boireau Jacques Boissel Xavier Bonini Carlo Bonnot Xavier-Marie Boone Ezekiel Bordage Pierre Bosch Xavier Bosco Jacques-Olivier Bossi Luc Bouchard Nicolas Bouchery Sébastien Bouhier Odile Boujut Michel Boulay Bill Boulle Pierre Bourcy Thierry Bourrel Anne Bouysse Franck Box C.J. Boyle William Bradbury Jamey Bradbury Ray Braithwaite Oyinkan Brasseur Pierre Brémeault Lucie Bridenne Jean-Jacques Bronnec Thomas Brooks-Dalton Lily Brown Eric Brown Fredric Brown Larry Browne S.G. Bruen Ken Bruet-Ferreol Jean-Denis Brun Thierry Brunet Marion Brussolo Serge Bryndza Robert Buchholz Simone Buisson Jean-Christophe Burke Alafair Burke James Lee Burke Shannon Burnet Graeme Macrae Bussi Michel Cacciatore Giacomo Cahné Charlotte Caldwell Erskine Caldwell Ian Calestrémé Natacha Calligaro Maxime Calvo David Camaille Serge Camilleri Andrea Campagne Jean-Pierre Campbell Bonnie Jo Canfin Pascal Canigüz Alper Cantaloube Thomas Carayol Cécile Card Orson Scott Cardère Éric Carey M.R. Cargnelutti Patrick Carlier Christophe Carlotto Massimo Carlsson Christoffer Carrisi Donato Casey Jane Cash Wiley Caspary Vera Castanet Pierre Albert Castells Raymond Castro Joy Catani Vittorio Cavanaugh Tony Cayre Hannelore Cazaubon Bernard Celestin Ray Cerutti Fabien Chabon Michael Chainas Antoine Chalumeau Laurent Chamoiseau Patrick Chandler H.S. Chandler Raymond Charyn Jérôme Chattam Maxime Chaumard Isabelle Chaumeil Jean-Paul Chérel Guillaume Cherrière Éric Cherruau Pierre Chesterton G.K. Chevron Michel Chiang Ted Chirovici E.O. Chmielarz Wojciech Chneiweiss Arnaud Chomarat Luc Christie Agatha Christin Pierre Christopher John Civico Alexandre Cixin Liu Claret Alain Clark Marcia Clark Mary Higgins Claude Hervé Clavel Fabien Cleveland Karen Cloche Émeric Coatmeur Jean-François Coben Harlan Cocco Giovanni Cohen-Scali Sarah Cole Martina Coleman Reed Farrel Colin-Olivier Philippe Colize Paul Collette Sandrine Commère Hervé Compère Daniel Conan Doyle Arthur Connolly J.J. Connolly John Contrucci Jean Cook Thomas H. Cornec Léon Corrêa Alvim Corry Jane Corwin Miles Costantini Chris Costantini Roberto Couao-Zotti Florent Coulon David Courbou Michèle Courtois Grégoire Crabb Ned Crais Robert Crews Harry Crichton Michael Crifo Thierry Crombie Deborah Crouzet Vincent Crumley James Curval Philippe D.J. Duclock d'Aillon Jean D'Ovidio Pierre Dac Pierre Daeninckx Didier Damasio Alain Danquigny Danü Dard Frédéric Darlton Clark Darnaudet Boris Darnaudet François Daviau Mo Davidsen Leif Day Barry Day Elizabeth Day Thomas Dayau Dominique Dazieri Sandrone De Cataldo Giancarlo De la Pava Sergio de Palma Brian Decca Hervé Defendi David Degli Antoni Piero Deighton Len Delafosse Jérôme Delany Samuel R. Delperdange Patrick Delteil Gérard Delzongle Sonja Demaris Ovid Demeillers Timothée Demouzon Alain Demure Jean-Paul Deniger Alex Denjean Cécile Depp Daniel Derey Jean-Claude Deschodt Pierre Descott Régis Desjours Ingrid Desmurger Christophe Desombre Daria Dessaint Pascal Destombes Sandrine Develde Arnaud Di Rollo Thierry Dick Philip K. Dicker Joël Dietrich Pascale Dieudonné Adeline Dimberg Kelsey Rae Disch Thomas DOA Dolan Eva Donoso José Doolittle Sean Doronine Andreï Downey Timothy Dozois Gardner Drews Christine Druillet Philippe Dubrieu Alain Duchon-Doris Jean-Christophe Dufour Catherine Dugoni Robert Dumas Alexandre Dumeste Bertrand Duplessier Nicolas Duret Alain Eastland Sam Ebersohn Wessel Echenoz Jean Edugyan Esi Edwardson Ake Egan Greg Ekberg Anna El Makki Laura Elgar Emily Elizarov Mikhaïl Ellis David Ellory R.J. Ellroy James Elo Elisabeth Elsberg Marc Embareck Michel Engh M.J. Ericsdotter Asa Eriksson Kjell Eschbach Andreas Estleman Loren D. Ewa Julie Ewers Hanns Heinz Expert Jacques Fabre Cédric Fager Anders Faget Dominique Faivre-d'Arcier Jeanne Fajardie Frédéric Falk Rita Fallaras Cristina Farmer Philip José Farrell Henry Farris Peter Fast Howard Faust Christa Fava Claudio Favan Claire Faye Estelle Faye Lindsay Feinmann José Pablo Fel Jérémy Férey Caryl Fernandez Marc Ferris Gordon Fesperman Dan Féval Paul Fields Helen Filoche Gérard Finn A.J. Finney Jack Fintoni Lionel Fitch Stona Fitzek Sebastian Fitzgerald Helen Fleischhauer Wolfram Flint Emma Flores Fernando A. Fogel Benjamin Fontana Giorgio Foote Shelby Forma Dominique Fortel Ava Fortin André Fouassier Éric Fournié Isabelle Fox Susi Freeling Nicolas Freeman Castle Frégni René French Nicci French Tana Fructus Nicolas Fuller William Gagnol Alain Gailey Samuel W. Gain Patrice Galhos Diniz Galina Maria Gamboa Santiago Gangemi Mimmo Garcia Rosado Pedro Garcia-Roza Luiz Alfredo Gardner Lisa Garlini Alberto Garnier Pascal Gault William Campbell Gauthier Brigitte Gay Olivier Gay William Gazan Sissel-Jo Gechter Olivier Geffray Élodie Gélin Simone Gely Cyril Gendron Sébastien Genève Max Geni Abby George Elizabeth Georget Philippe Gerhardsen Carin Giacometti Éric Giébel Karine Gilbers Harald Gildiner Catherine Gillio Maxime Glot Claudine Glukhovsky Dmitry Glynn Alan Goines Donald Goldberg Tod Goldsmith Martin M. Goldstein Lisa Gordon David Gordon Neil Gores Joe Gorodischer Angelica Gouézec Ronan Gouiran Maurice Gour Batya Gourio Jean-Marie Gousseff Matthieu Gran Sara Grand Emmanuel Grangé Jean-Christophe Granotier Sylvie Grau T.E. Green Amy K. Green Norman Greenland Seth Gregory Daryl Grenier Christian Grey S.L. Grimes Martha Grisham John Grote Paul Gruber Andreas Grundmann Pierre Guay Patrick Guedea Rogelio Guéraud Guillaume Guérif François Guez Jérémie Guillaud-Bachet Johann Guillaume Laurent Guillaumot Christophe Guillen Rémy Guittaut Pierre Gundar-Goshen Ayelet Guttentag Bill Guttridge Peter Guyot Gildas Hachmeister Göran Haenel Yannick Haley Guy Hamilton Edmond Hamilton Ian Hamilton Peter F. Hammesfahr Petra Hammett Dashiell Hamon Alain Hampson H.J. Hannah Sophie Haohui Zhou Haquet Charles Hara Ryo Harang Jean-Baptiste Harper Jane Harper Jordan Harrington Kent Harris Oliver Harris Robert Harrison A.S.A. Harrison Colin Hart Rob Harvey John Haskell Smith Mark Hauret Philippe Hawken Sam Hawkins Paula Hawkins Scott Hayder Mo Heinichen Veit Hemingway Ernest Hénaff Sophie Henneberg Nathalie Henninger Bernard Henriksen Levi Henzell Perry Hériot Frank Hermanson Marie Hernandez Vladimir Herrmann Elizabeth Herron Mick Hespel Patricia Higashino Keigo Hill Joe Hillenbrand Tom Himes Chester Hinkson Jake Hlasko Marek Hofmann Sabine Hogan Chuck Hogate Lucie Holly Chloé Holmen Martin Holmqvist Karin Brunk Honda Tetsuya Horst Jorn Lier Hoskins Richard Hossain Saad Z. Hrbek Greg Hubert Jocelyne Huebner Fredrick Humbert David Hunter Lindsay Hurley Andrew Michael Iles Greg Incardona Joseph Indridason Arnaldur Izner Claude Jablonka Ivan Jaccaud Frédéric Jackson Shirley Jahn Ryan David James Bill James P.D. James Peter Jaouen Hervé Jeambar Denis Jeffers H. Paul Jensen Liz Jeury Michel Johansson Lars Vasa John D.B. Johnson Craig Johnson Kij Jolibert Stéphane Joly Eva Jones Stan Jonquet Thierry Jordan Neil Josaphat Fabienne Jourdain Hervé Joy David Joyce Graham Jubert Hervé Jun Cai Kaa Kallentoft Mons Kaminsky Stuart Kanon Joseph Kara Lesley Kardos Michael Katz Gabriel Katz Krefeld Michael Katz William Kauffmann Alexandre Kaufman Amie Kazinski A.J. Keller Stéphane Kelly Thomas Kennard Luke Kennedy Randy Kennedy William Kepler Lars Kepnes Caroline Kermici Sylvain Kerr Philip Khara David S. Khemlin Margarita Khoury Raymond Kiernan Stephen King Stephen Kirk Shannon Kleinmann Philippe Klimacek Viliam Klinger Leslie S. Kloetzer Laurent Knight Renee Knox Joseph Kokotukha Andriy Koontz Dean Kovarni Liz Kress Nancy Krishnan Arun Kristoff Jay Kunzru Hari Labarre Nicolas Laborie Camille Lacombe Hervé Ladouari Laurent Lafon-Baillou Martine Lagercrantz David Laguerre Philippe Laigle Jean-Pierre Lalumière Jean-Claude Lamar Jake Landis Geoffrey A. Langer Adam Lansdale Joe R. Lanteri Mireille Lapeyre Bénédicte Lapid Shoulamit Larsson Asa Lavenant Eugénie Le Guin Ursula Le Roy Philip Lebel Nicolas Leblanc Claude Leblanc Maurice LeCarré John Lecas Gérard Lecaye Alexis LeCorre Hervé Ledesma Francisco Gonzalez Ledesma Jordi Ledun Marin LeFur Yann-Fanch Legay Piet Legendre Cyrille Legras Jérôme Lehane Dennis Lehman Susan Lehmann Christian Lehoucq Roland Leiber Fritz Lemaitre Pierre Lenglet Alfred Lenormand Frédéric Lenot Alexandre Leon Donna Leonard Elmore Leroy Jérôme Lescarret Philippe Levin Edmund Levison Iain Ligner Meddy Lindgren Torgny Link Charlotte Lipskerov Dmitri Liu Ken Lizion Dorothée Lloyd Parry Richard Loevenbruck Henri Lortchenkov Vladimir Lotz Sarah Loubière Sophie Loubry Jérôme Loughran Peter Lous Alexandre Loustal Lovecraft Lövestam Sara Lovitt Zane Luce Christine Lucius Walter Lucovich Jean Pierre de Lunde Maja Lutteman Marcus luvan MacBride Stuart Mackay Malcolm Maclean Charles Macmillan Gilly Madani Karim Magella Amneris Maggiori German Magnason Andri Snaer Mahjoub Jamal Mai Fred de Mai Jia Maisons Dominique Mako Malajovich Gustavo Mallock Malte Marcus Malzberg Barry Manchette Jean-Patrick Maneval Éric Manfredi Astrid Mangan Christine Mannara Franco Manook Ian Manotti Dominique Manzor René Maravélias Éric Marcel Patrick Marignac Pascal Marignac Thierry Marinina Alexandra Markaris Petros Markogiannakis Christos Marpeau Elsa Mars Frédéric Marsh Ngaio Martin Andreu Martin Dannie M. Martin George R. R. Martin Roger Martinez Augustin Martinigol Danielle Marty Patrick Marx Thierry Masali Luca Massat Gabrielle Matas Richard Matheson Richard Matheson Richard Christian Mathieu Nicolas Matthews Jason Maurois André Mausoof S. May Peter McBain Ed McCall Smith Alexander McCallin Luke McCann Colum McCrary Mike McDermid Val McDonald Ian McDonald John Ross McGrath M.J. McGuinness Patrick McGuire Ian McHugh Laura McIlvanney Liam Meddi Adlène Médéline François Mediavilla Philippe Mehdi Cloé Melnik Jaroslav Meno Joe Mention Michaël Mesplède Claude Messac Régis Mey Louise Meyer Deon Mi-Ae Seo Michaud Andrée A. Middleton T.J. Miéville China Milian Clément Millar Martin Millar Sam Miller Jax Miller Sylvie Miloszewski Zygmunt Minato Kanae Minier Bernard Minville Benoît Mishani Dror Mizio Francis Moatti Michel Molfino Miguel Angel Monfils Nadine Monnehay Max Monroe J.S. Monsour Jean Montalban Montelius Magnus Moorcock Michael Moore Viviane Morata Anne-Laure Morgan Janet Morgenroth Kate Morgiève Richard Morgon David Morris Mary Morris Ronald L. Morris William Mosconi Patrick Mosley Walter Motta Philippe Muir William Mulder Caroline de Mullen Thomas Müller Xavier Muratet François Musso Valentin Naam Ramez Naceri Bibi Nahapétian Naïri Naughton Sarah J. Nesbo Jo Neubauer Nicole Neuser Marie Neuvel Sylvain Neville Stuart Newitz Annalee Nicol Mike Nicolas Christophe Niel Colin Nikitas Derek Nirvanas Paul Nisbet Jim Nogaro Jean-Louis Nolane Richard D. Norek Olivier Noriega Alfredo Nougué Martine Nozière Jean-Paul Nugent Liz Nunn Kem O'Callaghan Billy O'Connell Jack O'Malley Thomas O'Neil Louise O'Sullivan Colin Oakes Andy Offut Chris Okorafor Nnedi Olafsson Jon Ottar Oliva Éric Olsberg Karl Olson Michael Oppel Jean-Hugues Osborne J. David Oster Christian Otsiemi Janis Padura Leonardo Pagan Hugues Pagel Michel Paillard Jean-François Pair Stéphane Palahniuk Chuck Palewska Marie Palliser Charles Palou Pedro Angel Paris B.A. Parker Robert B. Parot Jean-François Parry Patricia Parys Magdalena Patsouris David Patterson James Paulin Frédéric Pavloff Franck Pavone Chris Peace David Peake Mervyn Pécherot Patrick Pelissier Patrice Pelot Pierre Pendown Léa Peneaud François Penny Louise Perrignon Judith Perry Anne Perry Karen Persson Giolito Malin Persson Leif GW Petrella Angelo Petry Ann Pflüger Andreas Philippon Benoît Phillips Gin Phillips Rog Piacentini Elena Picard Mathieu Piersanti Gilda Pines Paul Pinpin Jean-Christophe Pirozzi Gianni Pistone Pascal Plamondon Éric Plantagenet Anne Platini Vincent Platt Sean Pochoda Ivy Poe Edgar Poldelmengo Luca Polin Isabelle Portail Agathe Portes Jean-Christophe Pötzsch Oliver Pouchairet Pierre Pouy Jean-Bernard Poznanski Ursula Pratchett Terry Prévost Guillaume Price Richard Priest Christopher Prolongeau Hubert Pronzini Bill Prudon Hervé Przybylski Stéphane Punke Michael Purdy Graham Douglas Pyun Hye-young Quadruppani Serge Queen Ellery Quercia Boris Quint Michel Quirk Matthew Raffy Serge Ragougneau Alexis Rahier François Raizer Sébastien Rambach Anne Randall Marta Rankin Ian Rash Ron Ravelo Alexis Ravenne Jacques Raynal Patrick Reardon Bryan Rechenmann Guy Redondo Dolores Reig Rafael Renand Antoine Renaude Noëlle Renberg Tore Rendell Ruth Renner James Reydi-Gramond Christophe Reynolds Alastair Ribas Rosa Rice Anne Robecchi Alessandro Robert-Nicoud Elie Robertson Al Robillard Chantal Robinne Éric Robinson Frank M. Robinson Jeanne Robinson Kim Stanley Robinson Todd Roch Elsa Rogneby Jenny Rolland Tobby Rollins James Rolon Gabriel Roncaglio Santiago Rose Fabrice Rosen Leonard Roslund et Hellström Rotella Sebastian Roux Christian Rouz Martin Rowe Michèle Roy Lori Ruaud André-François Rubenfeld Jed Ruellan André Rufin Jean-Christophe Rumeau Jean-Pierre Runcie James Rutès Sébastien Ryck Francis Rydahl Thomas Saadawi Ahmed Sadoul Barbara Saint-Joanis Thierry Sainz de la Maza Aro Sakey Markus Salabert Juana Salamé Barouk Salem Carlos Salinas George Sallis James San-Antonio Sanchez Thomas Sanders Louis Sanderson Brandon Sansom C.J. Santaki Rachid Sard Hervé Sarid Yishaï Sarthor Jacques Sauvagnac Nathalie Scalese Laurent Scerbanenco Giorgio Schätzing Frank Scheer K.H. Schenkel Andrea Maria Schlesser Gilles Schreiber Joe Schwartzbrod Alexandra Schwartzmann Jacky Scott James Sebhan Gilles Seethaler Robert Seigneur Olivier Selek Pinar Sender Elena Sers Caroline Serviss Garett P. Seskis Tina Setbon Philippe Séverac Benoît Shahid Hamid Omar Shangdi Taiping Shaw William Sheridan Le Fanu Shoham Liad Sigurdardottir Lilja Sigurdardottir Yrsa Silverberg Robert Simenon Simon Chris Simonay Bernard Simonin Albert Simsolo Noël Sinisalo Johanna Sivan Isabelle Slaughter Karin Sliders Tim Slocombe Romain Smith Dan Smith Michael Farris Smith Roger Soltész Arpad Somoza José Carlos Soula Denis Soulié François-Henry Sounac Frédéric Souvira Jean-Marc Spider Spillane Mickey Spinrad Norman Spitz Jacques St. Germain Justin Staal Eva Maria Stahl Jerry Starr Jason Steeman Stanislas André Steiner Kurt Steinhauer Olen Sten Viveca Stevens Chevy Stock Suzanne Stokoe Matthew Stolze Pierre Straub Peter Styron William Suaudeau Julien Suhner Laurence Sullivan Randall Sund Eric Axl Swanson Peter Swierczynski Duane Swindells Robert Sylvain Dominique Tabachnik Maud Tackian Niko Tafforeau Jean-Luc Takano Kazuaki Tallent Gabriel Tanugi Gilbert Taveau Olivier Taylor Alex Tchaikovsky Adrian Temple Peter Teodorescu Bogdan Texier Nicolas Tézenas Hubert Thiéry Danielle Thill Christophe Thilliez Franck Thomas David Thomas Donald Thomas Louis C. Thomazeau François Thompson Carlene Thompson Jim Thorarinsson Arni Tiab Ahmed Tidbeck Karin Tixen Élisa Topin Tito Totth Benedek Touverey Baptiste Tremayne S.K. Trouadec Yves Truc Olivier Trudmann Gustav Tubb E. C. Tucker Neely Turow Scott Uebel Tina Unsworth Cathy Vagner Yana Van Moere Marie Vance Jack Vandroux Jacques Vann David Varela José Varenne Antonin Varesi Valerio Vas-Deyres Natacha Vautrin Jean Veaute C.M. Védrenne Julien Veilletet Pierre Veloce Viola Verne Jules Vernon Luc Vian Boris Villard Marc Vincent Gilles Vindy Marie Vinson Sigolène Viola Alessio Vix Élisa Wahlöö Per Wainwright John Waite Urban Waites Martyn Walker Martin Walker Nico Walker Sarai Walter Jess Walton Jo Wambaugh Joseph Ward Philippe Ware Ruth Watkins Paul Watson S.J. Watts Peter Weber Jean Weisbecker A.C. Wells H. G. Welsh Louise Westlake Donald Wetmore Elizabeth Whale Laurent Wheeler Jr Frank White Christian Whitehouse Lucie Whitmer Benjamin Wieners Annette Wiles Will Wilhelm Marie Willeford Charles Williams Charles Williams Philip Lee Williamson Eric Miles Willmann Thomas Willocks Tim Wilms Anila Wilson Robert Charles Winkler Mark Winnette Colin Winslow Don Wolf Inger Wolf Tobias Wolfe Bernard Womersley Chris Wright David Xerxenesky Antonio Xiaolong Qiu Xiradakis Jean-Pierre Yates Christopher J. Yi-Feng Kao Yokoyama Hidéo Young David Young Heather Yu Charles Zamiatine Evgueni Zanon Carlos Zárate José Luis Zarca Johann Zeimet Nicolas Zelazny Roger Zellweger Mark Zepeda Patterson Jorge Zimler Richard Zinos-Amaro Alvaro