Linley et Barbara, les héros d'Elizabeth George, sont entrés dans la vie des lecteurs français en 1990 avec "Enquête dans le brouillard". Vingt-deux romans plus tard, on aurait tort de réduire l'œuvre au genre du Whodunit.
La patrie littéraire de l'autrice américaine est anglaise, et grâce à Linley l'aristocrate et Barbara la roturière, deux flics de fiction, ses romans couvrent habilement le spectre des contradictions britanniques. On y a déjà lu des histoires consacrées au communautarisme, aux violences faites aux femmes, ou encore aux excisions clandestines pratiquées à Londres. Chaque roman développe des portraits de personnages secondaires, comme dans ce vingt-deuxième épisode où autour de Michael Lobb, victime d'un meurtre, s'organise une galaxie familiale tourmentée.
Si Kayla, la trop jeune épouse de cet entrepreneur assassiné, intéresse les enquêteurs, ce sont aussi les relations toxiques de plusieurs fratries qui constituent l'essentiel de l'intrigue. Barbara et Linley y inscrivent leur propre histoire, tout aussi passionnante.
Une si lente agonie – Elizabeth George – Traduit de l'américain par Nathalie Serval – Presses de la Cité – 512 pages – 22,90€ - ***
Lionel Germain
Lionel Germain
