Montée des eaux, sécheresse, canicules et mégafeux, l’effondrement a eu lieu, dans la seconde moitié du XXIe siècle. Sans grand chambardement semble-t-il, même si le politique paraît s’être subtilement dissous. L’espace social s’est fait "rhizomatique", concept cher à Gilles Deleuze. Les sociétés, devenues poreuses, composent avec le voisin, bricolent et font avec. Et l’on s’habitue à une décroissance obligée.
Nous sommes dans une "eutopie", lieu idéal caractérisé par le bonheur et la bonté, une éco-fiction libertaire, narrée à la deuxième personne du singulier – jolie façon de déplacer les points de vue. L’écriture poétique, pleine de trouvailles quasi-surréalistes est aux antipodes de la novlangue des réseaux, elle emprunte à l’anglais, à l’espagnol, à la richesse des parlers locaux, inclusive donc au bon sens du terme.
Formé à l’enseignement, Elio Possoz est surtout poète. Il avait été accueilli par la DRAC-Nouvelle Aquitaine en résidence à Excideuil, en Dordogne, pour l’écriture de ce roman.
Les Mains vides - Elio Possoz - La Volte - 304 pages - 12€ - Version numérique 6,99€ - ***
François Rahier
François Rahier
Lire aussi dans Sud-Ouest
