Ce sont deux générations d'Italiens qu'on découvre dans le roman de Cécile Baudin. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'au début du Vingtième siècle, les compagnies minières qui manquaient de main d'œuvre en Lorraine ne déroulaient pas le tapis rouge pour ces immigrés.
En 1901, Nando se résigne à devenir un bagnard volontaire pour échapper à la mafia, et en 1913, son fils Antonio fait le voyage à son tour, à la recherche d'un père que l'exil aurait transformé en assassin. Cécile Baudin analyse, avec beaucoup de justesse et une sensibilité qu'on avait déjà appréciée dans "Marque de fabrique", les conditions de survie terribles des forçats de la mine.
La reconstitution de cette naissance de la sidérurgie, prometteuse d'avenir radieux en Lorraine, s'accompagne d'une immersion romanesque passionnante.
Dur comme fer - Cécile Baudin – Presses de la Cité – 416 pages – 23€ - ***
Lionel Germain
Lionel Germain
