Tous les éclats du roman noir sont rassemblés dans ce petit livre de 186 pages. Les auteurs qui prétendent au label devraient d'ailleurs apprendre à endiguer le flot de signes, réduire comme sait si bien le faire Sylvain Kermici le débit du "fleuve noir".
Avec Liz et Joshua, deux enfants perdus du siècle, il nous ramène aux sources du malheur contemporain, là où se fane la jeunesse de nos villes, où se tarissent les larmes et où s'allument pourtant les douleurs de la solitude et du désespoir.
Comme Marc Villard, autre virtuose du blues urbain, Sylvain Kermici est au plus près du réel en décrivant les errances sans espoir de Joshua le rebelle et de Liz, frappée par la schizophrénie. Sans domicile fixe, les sentiments qu'ils éprouvent l'un pour l'autre s'épuisent peu à peu dans les larcins puis dans le crime. Un long train de nuit dont chaque station offre sa part d'ombre. Pas un mot de trop, un véritable diamant noir.
Les voies souterraines – Sylvain Kermici – Plon – 192 pages – 20€ - ****
Lionel Germain
Lionel Germain
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