Au desk d’accueil du Nefertiti, le meilleur hôtel de luxe du Caire, un soir de 2001 en plein Printemps arabe, Jonathan Pine (Tom Hiddleston, "Avengers", "Only lovers left alive"), Directeur de nuit et ex-soldat d’élite britannique, est abordé par une cliente, Sophie Alekan (Aure Atika). Elle est la maîtresse de Freddie Hamid (David Avery), propriétaire de l’établissement et le plus important trafiquant – d’armes, notamment – du pays.
Séduit – au sens charnel – par la mystérieuse Sophie, il accepte de photocopier des documents compromettants au sujet du milliardaire Richard Roper (Hugh Laurie, "Dr House"), magnat notoire du marché noir des armes. Le contenu de ces documents, Jonathan ne peut s’empêcher d’en prendre connaissance pour découvrir qu’ils contiennent les preuves d’une vente d’armes pour écraser le soulèvement égyptien.
Il transmet ces informations, via l’Ambassade de Grande-Bretagne, à Angela Burr (Olivia Colman, "Broadchurch", "La Dame de fer"), des services de renseignements anglais qui depuis longtemps surveillent Richard Roper et qui ne sont jamais parvenus à l'inquiéter. Mais rien ne se passe comme prévu, et peu de temps après, Sophie est assassinée.
Un saut dans le temps et, en 2015, on retrouve John Pine Directeur de nuit – encore – dans un hôtel de luxe de Zermatt. Sa vie solitaire et monastique implose le soir où Richard Roper débarque à l’hôtel avec toute sa garde rapprochée. Contact est aussitôt repris avec Angela Burr.
Et commence alors un véritable jeu du chat et de la souris entre Pine, qui a accepté d’infiltrer le clan du trafiquant, et Roper, avec tous les éléments du film d’espionnage, meurtre, chantage, trahison, corruption, femmes fatales et destinations touristiques. C’est d’ailleurs sur la côte nord de Majorque, dans la fastueuse propriété de Roper, sur son île de milliardaire, que l’action se jouera véritablement.
Adaptation brillante par David Farr du roman emblématique éponyme (1993) de John Le Carré, la série, en tension progressive, tient la promesse d’un face-à-face haletant entre John Pine – Tom Hiddleston, magnétique, quasi "jamesbondesque" au flegme tout britannique, et Richard Roper – Hugh Laurie, intraitable et machiavélique, au charme venimeux, "le diable en smoking". Angela Burr, femme déclassée et agente opiniâtre d’une officine du MI6, apporte à la série sa dose de féminité, sa touche de sensibilité et d’émotion, et sa gouaille londonienne.
La mise en scène "impériale" de Suzanne Bier ("Revenge", "After the wedding") colle au plus près des personnages, cerne leurs visages impassibles pour chercher à en extraire leurs pensées les plus profondes, réussissant brillamment à créer cette ambiance anxiogène propre aux films d’espionnage.
John Le Carré ne tarira pas d’éloges sur l’adaptation de son roman, déclarant que, grâce aux performances des acteurs et à "la superbe mise en scène de Susanne Bier, sans compromis, les six heures de «The Night Manager» composent une symphonie complète".
Rendez-vous dès maintenant pour, 10 ans après, une saison 2 (Prime Video) apocalyptique!
The Night Manager – 6 épisodes (60 mn) – Prime Video - ****
Créée par David Farr
Réalisée par Susanne Bier
Avec Tom Hiddleston, Hugh Laurie, Olivia Colman, Elizabeth Debicki, Tom Hollander, Michael Nardone, Alistair Petrie, David Harewood, Tobias Menzies, Aure Atika, David Avery
Alain Barnoud