Ne cherchez pas Jacknife sur votre GPS, la petite ville de Louisiane n'existe pas même si Anna Bailey a su créer un paysage des bayous immédiatement identifiable, peuplé de créatures parfois hostiles et de tribus familiales oubliées du reste du monde.
On y rencontre la journaliste Loyal May, une enfant du pays qui a fui les marécages à dix-sept ans et qui ne revient que contrainte et forcée pour s'occuper de sa mère. La mort de son amie d'enfance va lui fournir une occasion supplémentaire de reprendre racine en menant l'enquête sur les circonstances de ce drame et sur sa propre jeunesse dans un univers où les assignations paraissent insurmontables.
Anna Bailey sème un trouble aussi opaque que les eaux du marais dans lesquels rodent les alligators. Après un premier roman prometteur, "Une pluie de septembre" qui explorait les mauvaises passions religieuses du Colorado, on se réjouit de vivre ces derniers jours sauvages dans un décor que ne renierait pas James Lee Burke.
Nos derniers jours sauvages – Anna Bailey – Traduit de l'anglais (GB) par Héloïse Esquié – Sonatine – 352 pages – 22€ - ***
Lionel Germain
Lionel Germain
