L'hommage aux Marines, Frank Bill le rend sans évacuer le versant terrible qui a détruit la vie de bien des vétérans. On sait le nombre de ceux qui errent dans les marges de la prospérité américaine, incapables d'échapper à l'alcool ou aux drogues que le Vietnam leur a laissés en héritage.
Le père de Frank Bill aurait pu être l'un de ces hommes. Comme Miles le héros de son roman, il a vécu le retour d'enfer sous le poids du silence, principal carburant de la détresse des combattants. Mais l'Amérique dont nous parle l'auteur est aussi plus largement celle de l'effondrement économique et moral. Un petit peuple de dealers obsédés par les lumières artificielles.
Mordre la poussière – Frank Bill – Traduit de l'américain par Yoko Lacour - Plon – 346 pages – 23€ - ***
Lionel Germain
Lionel Germain
