Tout est dans le titre, et le titre ne nous mène à rien. La "désabondance", ce n'est pas la pénurie, c'est le chemin de l'abandon. Avec ce dernier livre, Antoine Chainas en écrit plusieurs, un roman bien sûr, mais aussi un essai sur le "désapprentissage" du monde.
Le roman d'anticipation nous exfiltre loin de la Terre à bord d'une nef, en compagnie des quintuplées de Simon Kovalski qui avait fui la civilisation pour un retour à la vie sauvage. Une aventure interrompue quand les services sociaux récupèrent les fillettes, nues, apparemment inadaptées au monde contemporain et en passe de devenir des monstres de foire.
Mais leur "déportation" sur un vaisseau spatial dont l'intelligence artificielle baptisée la Génitrice ne communique plus avec la Terre redonne soudain du sens à l'expérience que leur père a théorisée dans son essai sur la "désabondance". Une grande force poétique au service d'un retour à la sobriété et au partage.
La Désabondance – Antoine Chainas – Plon – 320 pages – 21€ - ***
Lionel Germain
Lionel Germain
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