Quand le tueur à gages de Jacky Schwartzmann s'apprête à exécuter un pédocriminel pour honorer le contrat que lui a confié sa victime, c'est cette victime qui est assassinée, entraînant Madjid, le héros, dans un engrenage de quiproquos mortels. Le monde est peuplé de prédateurs à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession.
Avec "Mauvais coûts", Jacky Schwartzmann dézinguait de façon féroce le capitalisme financier sur lequel il plantait encore quelques banderilles dans "Demain c'est loin", comédie noire dont il ne cesse de revisiter les codes. Dans le polar, on peut affirmer qu'il côtoie désormais les meilleurs humoristes, forcément les plus sombres, comme Gendron, Westlake, Pahlaniuk, Dorsey ou Charyn. Ceux qui dégoupillent dans l'absurde et font pétiller l'hémoglobine.
Le héros de ce dernier roman est un vrai roublard. À la manière d'un moraliste, l'auteur tranche dans le vif du sujet pour faire tomber les masques.
Killing me softly – Jacky Schwartzmann – La Manuf – 192 pages – 15,90€ - ***
Lionel Germain
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