Dans "Le Dernier Monde", en 2007, Céline Minard racontait l’histoire de l’ultime survivant de l’humanité, un cosmonaute retourné sur Terre après l’apocalypse – variation sur le post-apo très différente de "Tovaangar". Ici également, une catastrophe a eu lieu – dont nous ne saurons rien. L’action se déroule dans ce qui reste de la Californie comme en témoigne la carte offerte au lecteur en guise de seul sésame, un lecteur immergé dès l’incipit dans la prose luxuriante de l’autrice et son monde d’après à nul autre pareil où matière et vivant s’enchevêtrent avec sensualité.
En guest star, la L.A. River qui a repris son nom amérindien, Paayme Paxxayt – et une héroïne attachante, la "bipède glabre de culture forestière", Amaryllis Swansun. La précision chirurgicale de l’écriture et sa charge poétique signent le retour d’un paysage littéraire qui n’est pas sans évoquer celui de Michel Jeury.
Tovaangar - Céline Minard – Rivages - 688 pages - 23,50€ - ***
François Rahier
François Rahier
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