Certains métiers gagnent à être connus. Ceux du cinéma offrent un éventail de carrières parfois loin des projecteurs comme ce job de "ventouse". "La ventouse, comme une ventouse à chiottes. Sûrement que ça vient de là d'ailleurs, parce qu'on se tape le boulot le plus merdique de l'usine à rêves: garder les places vides dans les rues pour que les camions de tournage se garent." Didier occupe la place depuis vingt-ans. Et Simon François a su trouver le ton et le tempo d'un polar dans l'air du temps, forcément maussade quand on met son nez dans les combines des gens puissants.
Le prologue dans les coulisses de certains riads de Marrakech donne un indice sur l'étendue du chantage envisagé par un flic marocain, et le meurtre d'une vedette du grand écran offre à une journaliste l'occasion d'une enquête à hauts risques. Avec l'aide de la "ventouse", bien décidée à échapper à cette relégation, ils vont remuer la boue dans des milieux où la fortune est un gage d'impunité. Pour son premier roman, Simon François, chef monteur et réalisateur, nous offre un personnage sympathique, inattendu et à fleur-de-peau.
Les portes étroites – Simon François – Le Masque – 264 pages – 20€ - ***
Lionel Germain
Lionel Germain
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