Antoine Albertini, journaliste au monde et auteur d'un roman historique, nous livre ici un patchwork de littérature où l'on bascule dans l'étrange en passant du roman noir au fantastique.
Intemporalité, incertitude géographique, tout se noue dans un village de montagne imprécis, Fumacciula ("ombre" et "orgueil"?), qui pourrait aussi bien être en Corse qu'en Sicile ou en Sardaigne. Sur cette île, le personnage d' Ercole Forcas, avocat à la retraite atteint d'un mal mystérieux, va essayer de résoudre dans sa fonction de juge de paix le meurtre d'un vagabond qu'on a découvert mutilé, apparemment par une bête sauvage.
Ercole Forcas est amoureux d'une femme avec laquelle il entend vivre une dernière expérience, se sauver peut-être de lui-même mais surtout échapper à cette rumeur de monstre.
Le roman est écrit dans une langue qui ressemble aux traductions de Serge Quadruppani pour les romans de Camilleri, mélange d'italien et de sicilien où foisonnent les néologismes. Avec pour Albertini, ce basculement vers un "ailleurs" du polar qui n'est pas sans charme mais peut éventuellement dérouter les "puristes" du genre.
Vous le regarderez comme impur - Antoine Albertini – Seuil cadre noir – 240 pages – 19,90€ - ***
Lionel Germain
