Soir de match à Madrid. Dans une ville en ébullition et une ambiance survoltée, une rixe préméditée, d’une incroyable férocité, explose dans les rues entre supporters ultras du Real - le groupe néo-nazi les "White Souls" - et ceux de l’Olympique de Marseille.
Salvador (Luis Tosar), chauffeur ambulancier urgentiste se rend avec son équipe sur les lieux de la bataille rangée et se rend compte, en portant secours à une jeune femme blessée, qu’il s’agit de sa fille Milena (Candela Arestegui), 20 ans et croix gammée sur la poitrine, avec laquelle il a rompu les ponts, et devenue membre du groupe radical. Peu de temps après, Milena est poignardée à mort sur son lit d’hôpital.
Ex-grand chirurgien, ex-alcoolique, veuf aux précédents choix de vie hasardeux, Salvador reconnaît, certes tard, avoir été absent pour sa fille, et va tout tenter pour réparer ses erreurs et découvrir pourquoi Milena a rejoint les rangs des "White Souls". Des extrémistes qui pratiquent le salut nazi et érigent la violence en mode de vie, bastonnant les migrants, racistes assumés ("Marseillais, sales bougnoules! Rentrez chez vous!"), homophobes et, nec plus ultra, associés au trafic de drogue.
Un univers en totale opposition avec les valeurs qu’il pensait avoir transmises à sa fille, lui le soignant de gauche destiné à sauver des vies. L’enquête sur la mort de Milena semblant s’enliser, Salvador s’estime contraint d’agir de son côté et se rapproche du groupe fasciste dans une mission d’infiltration périlleuse.
Aidé par Julia (Claudia Salas), jeune mère célibataire membre du groupe, il va essayer de comprendre ce qui a conduit à l’engagement de sa fille auprès de ces bas du front à la masculinité toxique. Sa quête va embrasser diverses directions, quitte à rendre le récit un peu fragmenté et à donner le sentiment que la série redéfinit en permanence son identité. Est-ce une histoire de culpabilité et de rédemption? Celle d’un homme pas infaillible qui, brisé, cherche à sauver sa fille d’un gouffre idéologique? Ou l’analyse d’une jeunesse radicalisée – incarnée par Julia – symptôme d’un vaste abandon social? Les frustrations se transformant en haines collectives.
"Salvador" débute comme un polar urbain pour s’orienter ensuite vers le drame psychologique puis vers une intrigue politique avec corruption – police, avocats – et manipulations diverses bien opaques. Ainsi, c’est lorsque magistrats, chefs d’entreprises et politiques entrent en jeu que l’on distingue vraiment qui tire les ficelles.
Porosité voire symbiose avec les ultras du football, groupuscules de jeunes radicalisés, parfois fragilisés dans leur vie, et attirés par un discours identitaire et un sentiment d’appartenance. Un brûlot !
Salvador – 1 saison, 8 épisodes (50 mn) – Netflix - ***
Créée par Aitor Gabilondo, José Barbero, Anna Casado
Réalisée par Daniel Calparsoro
Avec Luis Tosar, Claudia Salas, Fariba Sheikhan, Leonor Watling, Cesar Mateo, Patricia Vico, Alejandro Casaseca, Richard Holmes, Candela Arestegui
Alain Barnoud
Créée par Aitor Gabilondo, José Barbero, Anna Casado
Réalisée par Daniel Calparsoro
Avec Luis Tosar, Claudia Salas, Fariba Sheikhan, Leonor Watling, Cesar Mateo, Patricia Vico, Alejandro Casaseca, Richard Holmes, Candela Arestegui
Alain Barnoud