jeudi 30 avril 2026

Le grand frère et les parrains


"Le clou de la mise en crime, bien entendu, ce sont les cadavres installés devant la télévision dans deux fauteuils légèrement tournés l'un vers l'autre."




1985, à Belfast quand on évoque un fait divers, on est immédiatement dans le soupçon d'une embrouille entre l'IRA et l'Angleterre. Une enquête de Sean Duffy, c'est aussi le retour d'un flic de légende du RUC, la police d'Irlande du Nord, et celle d'un homme pris dans les lueurs vacillantes de sa foi catholique. Assassinat familial, vol de missile, ombre du grand frère américain, whiskey grand cru et style irréprochable.



"Survolant l'Ulster, enivré par l'odeur de charogne qui s'en dégage, le corbeau tourne son regard vers l'est, vers la Grande-Bretagne et plus loin, par-delà la mer du Nord, jusqu'à ces grands réservoirs gelés de haine qui se trouvent derrière le rideau de fer. L'Irlande est moins un anachronisme du passé belliqueux de l'Europe qu'une prophétie de l'avenir qui s'annonce."

Des promesses sous les balles - Adrian McKinty – Traduit de l'anglais (Irlande du Nord) par Pierre Reignier – Fayard noir – 448 pages – 22€ - ***  
Lionel Germain




L'art et la manière


"C'est ce que j'avais raconté à Domenica qui, au début, avait un peu de mal à comprendre pourquoi j'emballais des gribouilles sans valeur dans des écrins dorés. Elle a si bien compris que je l'ai entendue expliquer à un parterre de rombières visitant une de mes expositions que c'était elle qui avait eu l'idée de rehausser le côté souvent un peu aride de l'art moderne par celui plus rassurant du classique."


Domenica – Patrick et Emmanuel-Alain Raynal – Albin Michel – 240 pages – 19,90€ - ***


Sur le site de l'éditeur




mercredi 29 avril 2026

La vie secrète de monsieur Takezawa


Le Japon de l’ère Shôwa ("ère de paix éclairée"), c’est celui des années 1926 – 1989, du règne de l'empereur Hirohito (Shôwa), d’une société hautement patriarcale, aux yeux de laquelle les femmes n’existent que par leur statut marital. "Asura" est au départ un grand roman classique ("Asura no Gotoku") et une série dont l’autrice-scénariste, Kuniko Mukoda (1929 – 1981) est connue pour décrire le quotidien des familles et surtout des femmes japonaises.
 
L’immense Hirokazu Kore-eda, réalisateur d’ "Une affaire de famille" (Palme d’Or 2018) - sans oublier "Les bonnes étoiles" (2022) et "L’innocence" (2023) - admiratif du travail de la romancière, retrouve dans cette adaptation personnelle ses thèmes de prédilection: la famille, l’enfance, leurs secrets et leurs drames.

A Tokyo, en 1979, les quatre sœurs Takezawa (Tsunako, Makiko, Takiko et Sakiko) découvrent, après enquête de l’une d’entre elles, que leur père, Kotaro (Jun Kunimura), retraité bonhomme et tranquille, entretient depuis des années une relation extra conjugale, liaison qui aurait donné lieu à la naissance d’un enfant. Doivent-elles protéger leur mère Fuji(Keiko Matsuzaka), à la santé déclinante, dénoncer, réparer ou s’organiser pour lui cacher la vérité?

"Asura" trouve sa richesse, grâce aux personnages des quatre sœurs Takezawa, dans la diversité de ces voix féminines, le portrait bouleversant de femmes prises en étau entre révélation et silence. Chacune a un rapport différent avec les normes sociales, le couple, la loyauté. Et elles s'interrogeant sans cesse sur "comment vivre libres sans le carcan des traditions"?

Tsunako Mitamura (Rie Miyazawa), l’ainée, veuve, professeure d’ikebana (composition florale) apparaît forte et indépendante. Sa liaison avec un homme marié veule et inconstant révèle en creux une grande et inavouable solitude.
 
Makiko Satomi (Machiko Ono), la seconde sœur, cloîtrée dans son rôle d’irréprochable mère au foyer, est rongée par les soupçons sur la fidélité de son mari.
 
Takiko Takezawa (Yu Aoi), bibliothécaire discrète et coincée, est celle par qui tout bascule, après avoir engagé un détective privé. 

Enfin Sakiko Takezawa (Suzu Hirose), la benjamine, serveuse à l’insouciante et éclatante vitalité, partage sa vie avec son copain boxeur bas de plafond. Elle est malgré tout très consciente des attentes familiales dont elle a la ferme volonté de s’affranchir.

Kore-eda excelle dans le drame intimiste, ciselant son récit avec pudeur, portant un regard doux et délicat sur ses personnages, s’attardant sur les gestes du quotidien, ne jugeant jamais ses héroïnes.
 
Il dépeint des femmes aux destins différents, les montre dans leurs contradictions, entre non-dits, tromperies, entourloupes et réconciliations. Avec ses silences pesants, ses phrases inachevées, ses regards qui se croisent, la série dit beaucoup tout en disant peu.
 
Et les conflits permanents cachent en réalité l’amour profond que les quatre sœurs se portent les unes aux autres, soudées par le lien filial. C’est une œuvre profondément féministe, ancrée dans le Japon du miracle économique des années 1970, où les hommes n’ont qu’une présence secondaire mais révélatrice. Ils ne sont très souvent qu'à la marge du récit: figures de l’absence ou de la défaillance paternelle ou maritale, ils oscillent entre indifférence, lâcheté et autorité ébranlée.
 
Ce sont les femmes qu’on écoute, et c’est là que le titre de la série prend tout son sens: quand la colère les submerge, elles peuvent se transformer en Asura, la divinité belliqueuse du bouddhisme.
 
Toutes les voies restent cependant légitimes pour chacune d'entre elles: soumission, fuite, compromis, résistance. Ce sont les divers reflets des pans de la société japonaise d’alors, rappelant une interrogation entendue à plusieurs reprises: "Une femme est-elle vraiment heureuse lorsqu’elle vit sans faire de vagues"?

Asura - saison 1, 7 épisodes – **** - Netflix
Scenario: Kuniko Mukoda 
Réalisée par Hirokazu Kore-eda
Avec: Rie Miyazawa, Machiko Ono, Yu Aoi, Suzu Hirose, Keiko Matsuzaka, Jun Kunimura, Kisetsu Fujiwara, Masahiro Motoki

Alain Barnoud





mardi 28 avril 2026

Enquête en ligne

 
"Le plus important, la règle de base au "sleuthing" est d'avoir une théorie. Il vous en faut une. Si vous n'avez pas de théorie, déconnectez-vous, car vous n'êtes pas un "sleuther". Ta théorie, c'est l'étendard sous lequel tu vas mener ta quête et te mesurer aux autres. C'est à elle qu'on que l'on devine la personnalité et les capacités de chacun. (…)Plus de 90% des "sleuthers" qui se connectent sur les forums ne sont que des amateurs en recherche d'émotions fortes."





Loïc Payan, le "sleuther" imaginé par Frédéric Andrei, passe son temps libre sur internet à jouer les détectives. Généralement, c'est aussi un hacker capable de franchir toutes les barrières de nos pauvres vies numérisées. Mais Loïc Payan se prend au sérieux en cherchant à traquer un tueur et la compétition entre "sleuthers" devient vite mortelle. 



C'est là que débarque Chloé Gutman, gendarme stagiaire envoyée au chevet du hacker pour recueillir son témoignage. Étrange puisqu'elle n'a rien d'un OPJ et doit s'en tenir au secret défense. Le roman construit autour de l'énigme intégrale que dissimule l'enquête est aussi celui très contemporain des vérités alternatives. Suspense garanti.

L'Homme assis au carrefour de Chabottes - Frédéric Andrei – La Manufacture de livres – 448 pages – 21,90€ - *** 
Lionel Germain



lundi 27 avril 2026

Adieu poulets




Le couple que forment Gabby et Edwin s'esquinte à dépecer les poulets dont l'odeur leur colle à la peau. Luke Jackson, le nouveau directeur a augmenté les cadences et le personnel n'a même plus le temps d'aller aux toilettes. Difficile de s'habituer, semaine après semaine, à l'humiliation d'avoir à porter des couches, à ramener dans son mobile-home l'imprégnation des antibactériens qui s'immiscent jusque dans la cuisson des nouilles. 



Le jour où le patron licencie Edwin pour un mauvais prétexte, ce dernier se retourne contre l'épouse et l'enfant de Luke. La lutte des classes s'épuise alors dans la rubrique des faits-divers, un combat machiste qui condamne les deux femmes à improviser d'autres stratégies pour survivre au drame de la vengeance. 

Eli Cranor oppose deux visions du monde: celle où la violence répond à la violence, et celle où les femmes se révèlent porteuses d'un autre paradigme.

À la chaîne – Eli Cranor – Traduit de l'américain par Emmanuelle Heurtebize – Sonatine – 320 pages – 22€ - ****
Lionel Germain



vendredi 24 avril 2026

L'enfer des natures mortes


Familière du Bassin d'Arcachon et première femme commissaire divisionnaire de la police française en 1976, Danielle Thiéry a opéré en brigade des mineurs, aux stups et à la sûreté aérienne et ferroviaire. Aujourd'hui, elle préside le jury spécial police du Festival du film policier "Reims Polar". Prix du Quai des Orfèvres en 2013 pour son roman "Des clous dans le cœur" publié chez Fayard, elle a également beaucoup écrit pour la jeunesse.
 
On lui doit surtout ce personnage de "Marion" que les lecteurs de polars ont vu vieillir depuis son apparition dans "Le sang du bourreau" en 1996. Avec "Dernier sanglot", Rivages propose le seizième volet d'une série vagabonde, de Lattès à Rivages en passant par Robert Laffont.
 
Marion est une femme mais c'est aussi un nom. C'est comme ça qu'on aime s'appeler dans l'armée ou dans la police. Marion est flic et son prénom "Edwige" chuinte, semblable au murmure des essieux sur les rails. Normal pour une héroïne qui affutera ses premières armes dans un service de police ferroviaire. À la télé, quelques épisodes ne laisseront pas à Danielle Thiéry un prodigieux souvenir.
 
On la retrouve avec sa fille Nina qui ne manque pas non plus de caractère. Nina est l'amie de Jimmy, un spécialiste des nettoyages de scènes de crime. À l'occasion d'une intervention sur un chantier pourtant étranger au monde judiciaire, Jimmy découvre dans une maison de banlieue un spectacle d'horreur. Oubliez le syndrome de Diogène, on navigue un cran au-dessus dans un enfer de "natures mortes". 




Un écrivain troublant, une éditrice ambiguë et des fratries en trompe-l'œil cherchent à nous distraire dans la ronde des procédures. On devine peu à peu qu'Edwige Marion poursuit une idée sombre, et la nature humaine désespérante n'est pas étrangère au surgissement de ce "dernier sanglot". Un très beau roman crépusculaire dans lequel Danielle Thiéry nous réserve une élégante pirouette finale.



Dernier sanglot – Danielle Thiéry – Rivages noir – 320 pages – 21€ - ***  
Lionel Germain


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jeudi 23 avril 2026

La Maman et les potins


Polar social au cœur de la misère ordinaire avec cette maman alcoolique retrouvée morte dans sa cuisine. Certains enfants de la fratrie sont en famille d'accueil et sa dernière fille, Astrid, ferait une coupable idéale. Jasmine, la flic du commissariat local pose un regard sans préjugés sur la cité. Son petit côté "éducatrice" nous rappelle qu'on est dans une fiction.


 


"Le brigadier chargé de la surveillance des geôles m'a dit, un peu blasé: «les gosses, ça fait le mal pour le plaisir, comme les psychopathes, faut pas espérer qu'ils aient des remords.» Je me suis demandé de qui il parlait. Je me suis demandé s'il parlait de tous les gosses, et s'il parlait aussi d'Astrid." 





La jeune Fille et le feu – Claire Raphaël – Rouergue – 208 pages – 20€ - *** 
Lionel Germain




Fausse route

 
"Au départ, ce devait être un roman pour la jeunesse, comme la plupart des autres. Sauf que de se dire qu'il allait falloir remettre le couvert pour un énième album plein de sentiments sucrés et d'amour universel avec de l'espoir à la fin, et qu'ensuite il faudrait rouvrir sa boîte à aquarelle pour produire des illustrations roses et bleues, ça lui avait plutôt donné envie de se soûler la gueule avec du mauvais gin."




Chevreuil – Sébastien Gendron – Gallimard La noire – 330 pages – 20€ - **


Sur le site de l'éditeur




mercredi 22 avril 2026

Du cœur et de l'estomac


Joan O’Connell(Sophie Turner, Sansa dans "Game of Thrones", "X-Men") n’a jamais connu le "côté ensoleillé de la rue". En 1985, dans le Kent, Joan, placée dans un foyer lorsqu’elle était petite, est alors une jeune mère de famille qui doit fuir son compagnon Gary, homme violent, volage et criminel notoire.
 
Partir pour Londres représente la seule issue pour reconstruire sa vie, mais sans sa petite fille Kelly qu’elle doit temporairement confier aux services sociaux. Un déchirement qui la poursuivra toute son existence. Provisoirement accueillie par sa sœur Nancy (Kirsty J. Curtis), elle parvient à décrocher un emploi chez un bijoutier, Bernard (Alex Blake) dont le comportement insistant et libidineux la pousse à quitter son poste non sans voler, par absorption, quelques diamants.
 
Elle fait peu après la connaissance de Boisie Hannington (Frank Dillane), antiquaire magouilleur le jour, et voleur la nuit, qui va de façon inattendue bouleverser sa vie. Après lui avoir proposé une première mission – réussie – Boisie, conscient de l’intelligence, du charme et du talent pour l’imitation de Joan, monte avec elle arnaques sur arnaques, casses sur casses.
 
Devenue experte en pierres précieuses et voleuse de bijoux hors-pair, jonglant entre plusieurs identités et différents déguisements, elle attire bientôt l’attention des autorités policières qui devinent assez vite que, derrière ces opérations audacieuses, il y a la patte d’une femme insaisissable.
 
S’enfonçant dans le monde du grand banditisme, elle ne cessera jamais de tout faire pour récupérer sa fille et lui donner une vie meilleure. Cette trajectoire criminelle qui a fait de Joan - devenue Madame Hannington - une femme riche, au quotidien glamour et luxueux, brisera dramatiquement la relation mère-fille, essentielle au récit.

Ce dernier est l’adaptation partielle, par la showrunneuse Anna Symon, d’une histoire vraie, les mémoires de Joan Hannington "I am what I am: the true story of Britain’s most notorious jewel thief", surnommée "The Godmother", une des figures emblématiques de la pègre londonienne de l’Angleterre de Margaret Thatcher.

Dans une ambiance vintage superbement restituée "Joan" brosse le portrait complexe d’une femme tantôt déchirante en prolétaire, étincelante en négociatrice intraitable, émouvante en détenue désespérée. Au sein d’une société patriarcale suintant un sexisme qu’elle savait retourner contre des hommes qui la sous-estimaient. "Une vie en forme de tornade qui ne demande qu’à embraser l’écran", conclut Anna Symon.

Joan – 1 saison, 6 épisodes (42 mn) – Ciné + OCS, Polar + - *** 
Créée par Anna Symon
Réalisée par Richard Laxton
Avec Sophie Turner, Frank Dillane, Kirsty J. Curtis, Mia Millichamp-Long, Gershwyn Eustache Jr., Tomi May, Laura Aikman

Alain Barnoud






mardi 21 avril 2026

L'art du crime


Lucien est un séducteur professionnel, amateur de femmes fortunées. Après les avoir soulagées de quelques milliers de dollars, il disparaît sous une nouvelle identité. Sa rencontre avec Prahla, fille d'un portefeuille bien garni, s'inscrit dans ce scénario prévisible alors même qu'Ella, une amie de Prahla, se méfie à juste titre du prétendant. 



Un jour, les deux jeunes femmes et Lucien se retrouvent au restaurant quand un inconnu, "un petit vieux avec une casquette plate", glisse à la fin du repas un portrait d'elle à Ella. Seul Lucien reconnaît un tableau de valeur, réalisé par un peintre dont on ignore s'il est encore vivant. Le gigolo se métamorphose en amateur d'art prêt à tout pour subtiliser le pactole. C'est cette frénésie spéculative étrangère au mystère de l'œuvre que Iain Levison combine au rapport troublant entre deux femmes.


Je ne suis pas là pour ça – Iain Levison – Traduit de l'américain par Emmanuelle et Philippe Aronson – Liana Levi piccolo – 128 pages – 10€ - ***  
Lionel Germain



lundi 20 avril 2026

De Grâce


Voici le polar le plus bouleversant, le plus déconcertant, le plus éblouissant, le plus abouti sur le plan littéraire. Et réjouissez-vous d'avance parce qu'aucun superlatif ne rendra compte du choc que provoque la lecture de ce chef-d'œuvre. Même si "Duchess", le précèdent roman de Chris Whitaker annonçait un écrivain majeur, "Toutes les nuances de la nuit" dépassent les attentes les plus exigeantes. 

Plusieurs personnages se disputent la lumière et surtout les ombres de l'intrigue. On va les suivre sur plus de trente ans, avec les incertitudes, les fins provisoires et les rebonds obsessionnels qui n'épuisent jamais l'intérêt du lecteur. Patch Macauley d'abord, l'adolescent dont la disparition dans la forêt proche de Monta Clare, une petite ville du Missouri, est le point d'entrée du drame. Et Saint, ensuite, une autre adolescente qui va pendant des semaines s'efforcer de retrouver son ami. Quelques mois plus tard, quand celui-ci revient de façon mystérieuse, une autre histoire commence.



Patch n'a gardé de son agression que le souvenir d'un lieu obscur éclairé par la présence d'une jeune fille détenue à ses côtés. Elle le maintiendra en vie par la seule puissance de sa parole et du récit qu'elle lui accorde, jour après jour. Mais Patch n'a jamais vu son visage. Et l'homme qu'on arrêtera pour une série d'enlèvements restera muet en détention malgré les prières de Patch pour obtenir des informations sur celle dont il n'a qu'un prénom à chérir: Grâce.



Peintre d'un fantôme qui pourrait le rendre riche tant les collectionneurs s'intéressent à son travail d'artiste, Patch ne vise qu'à publier le portrait des jeunes filles disparues dans l'intérêt des familles. Bientôt vagabond traquant tous les indices pouvant lui "rendre Grâce", il en oublie l'amour de ceux bien réels qui continuent de l'aimer à distance.

A la lecture du roman de Whitaker, on se reconfigure en pleine adolescence, frappé par la découverte du Grand Meaulnes d'Alain Fournier, happé par l'invention d'un monde où rien jamais, bien au-delà du désir, ne surpasserait la puissance de l'amour.   

Toutes les nuances de la nuit – Chris Whitaker – Traduit de l'anglais (GB) par Cindy Colin-Kapen – Sonatine – 820 pages – 25,90€ - *****  
Lionel Germain