lundi 24 août 2026

Féroce et Redouté


Employé maudit, considéré comme un minable par son patron français de Shanghai, Serge Vaxelaire est viré sans ménagement. Effondré dans un premier temps, méprisé par son entourage et par sa propre femme, il sent peu à peu monter en lui un désir irrépressible de meurtre, et pourquoi pas d'un chef-d'œuvre en forme de crime parfait. Ce à quoi il va s'employer en assassinant un vieux chinois désagréable de son quartier.

On le redécouvre sept ans plus tard à Beausanges, petite ville française caniculaire où les grenouilles tombent du ciel. Dans ce cadre apocalyptique, Ashley, une jeune fille à la réputation sulfureuse, est assassinée avec un modus operandi absolument identique à celui que Serge Vaxelaire a utilisé pour mettre à mort l'employé chinois.
 
L'existence supposée d'un imitateur, même très improbable, est une menace effrayante pour Vaxelaire.  Surtout qu'entrent en scène Féroce le flic, son adjoint Redouté, sa collègue Bérénice, et Stanislas, chargé par le ministère de l'Intérieur d'une mystérieuse opération d'audit dans le commissariat promis à une fermeture imminente.



Il y a des artistes du polar qui surprennent par leur capacité à inventer des intrigues farfelues. On pourrait les attribuer à l'IA sans la certitude de l'écrivain dont la présence se manifeste à travers la singularité de l'écriture et le sens du casting. Féroce et Redouté donc. "Féroce", est un capitaine de police d'une beauté presque dérangeante aux yeux de sa collègue Bérénice. Mais son magnétisme masque de gros secrets.





L'enquête qui va tenter de résoudre le mystère de la mort d'Ashley nous vaut un concentré de quiproquos dans la recherche du coupable, et un bon suspense autour du lien avec le meurtre de Shanghai.
 
Grâce à ce ton décalé et à la justesse du regard porté sur chacun des personnages, Victor Guilbert offre une parenthèse de bonne humeur parfois corrosive, avec la promesse d'une chute très surprenante.

Les diables de Beausanges – Victor Guilbert – Flammarion – 441 pages – 22€ - ****
Lionel Germain