Julia est une jeune femme qui travaille au Parlement européen de Strasbourg comme attachée de presse. Sa vie va basculer le jour de sa rencontre avec un jeune homme à l'accent indéfinissable. Ce petit homme en question s'appelle Fergus Bond mais c'est à l'évidence une identité d'emprunt et on découvrira au fil des pages un personnage menacé et pourchassé semble-t-il pour les étranges cahiers d'écolier qui remplissent sa valise.
Le Graal européen du roman nous plonge au cœur de Babel, là où partir en quête d'un monde nouveau se conjugue avec la difficulté d'établir un contact. Roman sur le polyglottisme, faculté bien réelle de parler beaucoup d'idiomes, le livre nous fait découvrir le trésor empoisonné de cette communauté européenne.
On avait découvert Fergus Bond dans un premier roman, "Bons baisers d'Europe" où il était le représentant polyglotte de la Communauté, et ce préquel nous raconte aujourd'hui l'enfance et le parcours miné de l'exil vers ce désir de "prendre langue" avec les autres.
Les Frontières imbéciles – Philippe Mouche – Actes Sud Gaïa – 272 pages – 22€ - ***
Lionel Germain
